Le procès de huit militants de Greenpeace, jugés aux côtés de deux responsables de la branche française de l'ONG pour s'être introduits dans la centrale nucléaire de Cattenom (est) en octobre dernier, s'est ouvert mardi devant un tribunal de cette région.
Poursuivis pour "intrusion en réunion et avec dégradation dans l'enceinte d'une installation civile abritant des matières nucléaires", les militants de cette ONG écologiste encourent cinq ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende.
"On assume cette action, on sait qu'elle était illégale (...) mais il y avait une raison très précise qui était de dénoncer les failles de sécurité", a déclaré à la presse avant l'audience le directeur général de Greenpeace France, Jean-François Julliard, qui comparaît aux côtés des militants en tant que représentant de l'ONG.
"C'est EDF (opérateur énergétique français, ndlr) qui devrait être sur le banc des accusés, finalement on a fait un audit gratuit", a renchéri un responsable de la campagne nucléaire de l'ONG, Yannick Rousselet, poursuivi pour complicité.
"On est des lanceurs d'alerte avant tout", a fait valoir Maxime, un militant antinucléaire de 35 ans. "Ce qu'on a fait n'est pas si grave en comparaison avec les risques que prend l'exploitant en laissant les piscines non protégées des actes de malveillance", a-t-il soutenu.
Le 12 octobre, à l'aube, huit activistes de Greenpeace avaient été interpellés après avoir pénétré dans la centrale pour alerter sur la vulnérabilité des sites nucléaires.
Ils avaient diffusé sur le compte Twitter de l'ONG la vidéo d'un feu d'artifice qu'ils disent avoir tiré tout près du bâtiment abritant la piscine à combustibles.
La préfecture de Moselle (est) et EDF avaient soutenu que les militants n'avaient pas accédé à la zone nucléaire.
Deux jours plus tôt, un rapport d'experts mandatés par Greenpeace pointait du doigt des piscines de stockage du combustible usé particulièrement vulnérables aux attaques extérieures.
Une nouvelle intrusion, sur le site nucléaire de Cruas-Meysse (sud) de 22 activistes de Greenpeace le 28 novembre 2017, avait entraîné la création d'une commission d'enquête parlementaire sur "la sûreté et la sécurité des installations nucléaires" à l'initiative des députés de la majorité présidentielle.
En 2014, 55 militants de l'organisation écologiste avaient été condamnés à deux mois de prison avec sursis pour s'être introduits dans la centrale de Fessenheim
"On assume cette action, on sait qu'elle était illégale (...) mais il y avait une raison très précise qui était de dénoncer les failles de sécurité", a déclaré à la presse avant l'audience le directeur général de Greenpeace France, Jean-François Julliard, qui comparaît aux côtés des militants en tant que représentant de...


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