Angela Merkel veut ouvrir un nouveau chapitre dans les relations entre son pays et la Pologne, très tendues depuis plusieurs années, dans un entretien hebdomadaire diffusé samedi sur internet.
Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki sera en visite à Berlin vendredi prochain, l'occasion d'ouvrir "un nouveau chapitre pour les relations germano-polonaises", qui sont stables "même s'il y a des vues divergentes sur certaines questions", a déclaré la chancelière allemande depuis son bureau à Berlin, interrogée par un étudiant.
Cette visite intervient à un moment où Varsovie s'attire les foudres venues d'Allemagne et de Bruxelles sur la question de l'État de droit en Pologne, le refus d'accepter des quotas de réfugiés et la loi voulant empêcher qu'on utilise l'expression erronée de "camps de la mort polonais" à propos de ceux installés par les nazis allemands en Pologne occupée.
Sur la question des réfugiés, la discussion s'annonce difficile car le nouveau gouvernement polonais a averti à la mi-janvier qu'il n'allait pas revenir sur le refus de Varsovie d'accueillir des réfugiés dans le cadre des mécanismes européens d'allocations.
Sur la répartition des flux entrants de migrants, Mme Merkel s'attend à ce que les discussions aboutissent "à des solutions solidaires et européennes".
Varsovie est aussi dans le collimateur de Bruxelles pour des réformes controversées de la justice.
Le 20 décembre, après des mois de mises en garde, la Commission européenne a déclenché contre la Pologne une procédure sans précédent, pouvant aller jusqu'à priver le pays de ses droits de vote dans l'UE si elle ne renonce pas à ses réformes judiciaires controversées.
Mme Merkel s'en est tenue samedi à rappeler que tous les Etats adhérents à l'UE se sont engagés à "respecter les principes de l'Etat de droit".
L'entretien podcasté n'aborde pas le contentieux entre Berlin et Varsovie sur d'éventuelles réparations liées à la seconde guerre mondiale.
En visite à Berlin au mois de janvier dernier, le ministre polonais des Affaires étrangères, Jacek Czaputowicz, avait cherché à apaiser la situation, assurant que ce débat ne devait pas nuire aux relations germano-polonaises.


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