L'opposition hondurienne a appelé lundi ses partisans à manifester à nouveau mardi pour "défendre la victoire" à l'élection présidentielle de son candidat d'origine libanaise Salvador Nasralla et protester contre la réélection du président sortant Juan Orlando Hernandez.
L'opposition a aussi condamné l'annonce par l'Organisation des Etats américains (OEA) qu'elle avait "l'intention de travailler avec" M. Hernandez.
Le chef de l'alliance de l'opposition, l'ancien président Manuel Zelaya, chassé du pouvoir en 2009 par un coup d'Etat, a appelé à un nouveau défilé de protestation mardi à 06h00 locales dans la capitale Tegucigalpa.
Il s'agit de manifester pour "défendre la victoire de Nasralla, contre la fraude électorale et les assassinats" de manifestants, précise le mot d'ordre diffusé via les réseaux sociaux.
L'alliance dénonce des "fraudes" durant l'élection présidentielle du 26 novembre et revendique la victoire de son candidat Salvador Nasralla, un présentateur de télévision populaire âgé de 64 ans.
Le Tribunal électoral suprême (TSE) a validé le 22 décembre la victoire de M. Hernandez avec 42,95% des voix, contre 41,42% pour M. Nasralla.
M. Zelaya a par ailleurs dénoncé lundi la prise de position du secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA), Luis Almagro, qui avait annoncé un peu plus tôt avoir la "ferme intention de travailler (...) avec les autorités élues du Honduras".
En décembre, M. Almagro avait pourtant émis des doutes quant à la validité du scrutin et suggéré l'organisation de nouvelles élections.
Réagissant à ce revirement, M. Zelaya a affirmé qu'il y voyait la main de Washington.
"L'OEA tient un discours aligné sur ses pays membres, en l'occurrence les Etats-Unis, qui la financent et y exercent la principale influence", a fustigé le chef de l'opposition. L'organisation panaméricaine est devenue "le porte-parole du département d'Etat", a-t-il encore dénoncé.
Washington avait félicité M. Hernandez pour sa victoire, conduisant Salvador Nasralla à annoncer dans un premier temps son retrait de la politique et la fin de la coalition d'opposition, avant de repartir à l'offensive en demandant, avec Manuel Zelaya, l'annulation de l'élection.
Les associations de défense des droits de l'homme font état de 30 morts dans les manifestations qui ont suivi la réélection du président Hernandez.


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