Des dizaines de journaliers d'Electricité du Liban (EDL) ont organisé un sit-in tôt ce matin au sein du siège de la compagnie publique afin de mettre la pression sur les autorités qui annonçaient la veille avoir abouti à un compromis au sujet des modalités de transposition de la nouvelle grille des salaires sur les rémunérations de ses employés.
"Les choses se dirigent vers un dénouement et l'accord obtenu pour les employés doit être appliqué pour les journaliers", a martelé le président de la Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL), Béchara Asmar, présent aux côtés des manifestants.
Le ministre de l'Énergie et de l'Eau, César Abi Khalil (CPL), et celui des Finances, Ali Hassan Khalil (Amal), sont parvenus hier à un compromis avec le syndicat des employés du fournisseur d'électricité au sujet des modalités de transposition de la nouvelle grille des salaires sur les rémunérations de ses employés, mobilisés depuis plusieurs mois.
M. Asmar, qui doit rencontrer à nouveau les autorités aujourd'hui, a qualifié hier l'accord d'"honorable". "Nous allons obtenir des solutions aujourd'hui", a assuré M. Asmar.
Les employés d'EDL s'étaient mobilisés en décembre pour protester contre le refus du ministère des Finances de valider la nouvelle grille des rémunérations préparée par la direction du fournisseur d'électricité afin de transposer la loi n° 46 promulguée en août 2017.
En plus de la grève de ses employés, EDL a dû composer jusqu'à aujourd'hui avec les opérations de blocage lancées par les salariés de la société National Electricity Utility Company (NEUC, groupe Debbas), l'un de ses trois prestataires chargés depuis 2012 de la maintenance du réseau et de la collecte des factures sur la quasi-totalité du territoire. En octobre, le gouvernement avait approuvé la reconduction des contrats des deux autres sociétés, Bus (groupe Butec, en charge des régions au Nord) et KVA (Arabian Construction Company et Khatib & Alami, Beyrouth et Békaa), jusqu'au 31 janvier 2021, sans trancher le cas de NEUC (banlieue sud de Beyrouth et régions Sud du pays) dont le contrat a expiré le 1er janvier. Pour ne rien arranger, KVA a annoncé hier la suspension de ses opérations de maintenance, évoquant une "impossibilité" de les mener à bien en raison des difficultés du fournisseur.
Plusieurs sources considèrent que le dossier des prestataires de services – qui emploient à eux trois près environ 2 000 anciens travailleurs journaliers d'EDL – reflète les tensions entre le CPL du président de la République, Michel Aoun, et le mouvement Amal mené par le président du Parlement, Nabih Berry. Une interprétation que le ministre des Finances a explicitement rejetée hier pendant son intervention.
"Il faut que la loi s'applique aux sociétés prestataires de services. Qu'ont apporté ces sociétés à l'Etat jusqu'à présent, en matière de productivité?", s'est interrogé M. Asmar.
"La solution, c'est que les contrats des 1.500 employés se poursuivent", a souligné le responsable syndical, indépendamment du changement des sociétés prestataires.
"Les choses se dirigent vers un dénouement et l'accord obtenu pour les employés doit être appliqué pour les journaliers", a martelé le président de la Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL), Béchara Asmar, présent aux côtés des manifestants.
Le ministre de l'Énergie et de l'Eau, César Abi Khalil (CPL), et celui des Finances, Ali Hassan Khalil (Amal), sont parvenus hier à un compromis avec le syndicat des employés du fournisseur d'électricité au...

