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Turquie: 17 personnes arrêtées en lien avec l'affaire Zarrab

AFP
05/12/2017

La police antiterroriste turque a interpellé 17 personnes liées à l'homme d'affaires turco-iranien Reza Zarrab, au coeur d'un procès explosif à New York qui embarrasse Ankara, a rapporté mardi l'agence de presse étatique Anadolu.

Trois des suspects ont été arrêtés à une date non précisée et les 14 autres mardi à la demande du parquet d'Istanbul qui a ouvert la semaine dernière une enquête visant M. Zarrab et son entourage, a indiqué Anadolu.

D'après Anadolu, les enquêteurs soupçonnent les trois personnes interpellées à une date non précisée d'avoir fait parvenir des documents à la justice américaine qui les utilise aujourd'hui dans le cadre du procès à New York.

M. Zarrab est le témoin-clé d'un procès à New York sur le contournement des sanctions économiques américaines contre l'Iran. Le magnat de l'or a notamment impliqué un ex-ministre de l'Economie, qu'il dit avoir corrompu, et le président Recep Tayyip Erdogan.

Ankara rejette en bloc ces accusations, affirmant que le procès qui se déroule à New York est une machination visant à ternir l'image de la Turquie.
"C'est une mise en scène (...) C'est un complot contre la Turquie", a ainsi répété mardi M. Erdogan.

Après avoir tenté d'obtenir sa libération pendant plusieurs mois, les autorités turques ont ouvert la semaine dernière une enquête pour "espionnage" contre M. Zarrab après que celui-ci eut commencé à témoigner à New York. Ses avoirs en Turquie ont été saisis vendredi.

Le chef du principal parti d'opposition, Kemal Kiliçdaroglu, a fustigé mardi le gouvernement, affirmant que M. Erdogan avait été informé par les services de renseignement turc dès avril 2013 des activités de Reza Zarrab et des risques qu'elles faisaient peser sur les relations turco-américaines.
"L'escroquerie faite par ce fraudeur, les pots-de-vin donnés aux ministres, cela t'a été exposé par l'institution la plus sensible de l'Etat. Qu'as-tu fait ? Qu'as-tu fait?", a-t-il répété à l'adresse de M. Erdogan en haussant le ton. "Tu as fermé ce dossier."

M. Kiliçdaroglu, qui s'exprimait lors d'un rassemblement organisé à Ankara par son parti, le CHP (social-démocrate), a également appelé à ce que cette affaire soit jugée en Turquie plutôt qu'aux Etats-Unis.
"Nettoyons nous-mêmes cette tâche", a-t-il dit, interpellant le Premier ministre Binali Yildirim. "Instaurons une commission d'enquête au Parlement".

Le gouvernement turc s'efforce de décrédibiliser le procès qui se tient à New York auprès de l'opinion publique turque en soutenant qu'il est le fruit de l'instrumentalisation de la justice américaine par le réseau du prédicateur Fethullah Gülen, bête noire d'Ankara.
M. Gülen, qui vit aux Etats-Unis, est par ailleurs accusé en Turquie d'avoir orchestré le putsch manqué contre M. Erdogan en juillet 2016, ce que l'intéressé dément.

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