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Khan Cheikhoun: la Russie dénonce une enquête "peu professionnelle"

AFP
28/11/2017

La Russie a dénoncé mardi auprès de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) les "méthodes peu professionnelles et politiquement biaisées" employées au cours de l'enquête menée après l'attaque au gaz sarin à Khan Cheikhoun qui avait fait plus de 80 morts.

Dans son dernier rapport, le JIM (Joint Investigation Mechanism), la mission d'enquête conjointe créée en 2015 par l'ONU et l'OIAC sur une initiative américano-russe, a conclu en octobre à la responsabilité du régime syrien, accusant l'armée de l'air d'avoir perpétré le 4 avril dernier cette attaque contre le village de Khan Cheikhoun.

"Ceci est probablement venu d'un ordre de plus haut, où quelques pays occidentaux voulaient leur propre version du bombardement", a déclaré Georgy Kalamanov, vice-ministre russe de l'Industrie et du Commerce, évoquant les "ambitions géopolitiques en Syrie et au Moyen-Orient" de ces pays.

Moscou dénonce une enquête mal faite et réclame un changement profond de méthode pour renouveler le mandat des enquêteurs après avoir opposé son veto mi-novembre à un projet de résolution prolongeant de trente jours le mandat du JIM.

"De cette manière, ils peuvent justifier l'attaque de la base aérienne syrienne d'Al-Chaayrate (par les Etats-Unis, ndlr) qui est une violation de la Charte des Nations Unies et de toutes les normes de droit international", a-t-il ajouté au cours de la conférence annuelle des Etats-membres de l'OIAC.

Qualifiée de "barbare" et de "grand défi moderne" par les Etats-Unis, "l'utilisation d'armes chimiques par la République arabe syrienne reste la violation la plus sérieuse de la Convention pour l'interdiction des armes chimiques (CIAC) dans les vingt ans de son histoire", a martelé lundi Andrea Hall, directrice pour les armes de destruction massives au Conseil de sécurité nationale américain.

"L'inaction, les blocages et les diversions politiques constituent le terreau du terrorisme chimique que nous redoutons tous", a souligné l'ambassadeur de France aux Pays-Bas Philippe Lalliot.
"Nous ne pouvons accepter qu'un Etat partie à la CIAC ayant violé notre Convention en utilisant des armes chimiques n'assume pas les conséquences de ses actes", a-t-il ajouté.

La Syrie de Bachar el-Assad a rejoint les Etats-membres de l'OIAC en 2013, admettant posséder un stock d'armes chimiques, sous la pression des Etats-Unis et de la Russie.
En deux ans, le JIM a conclu que les forces syriennes, outre à Khan Cheikhoun, avaient été responsables d'attaques au chlore dans trois villages en 2014 et 2015 et que le groupe Etat islamique (EI) avait utilisé du gaz moutarde en 2015.

Ce débat intervient alors que la délégation du gouvernement syrien qui doit participer au huitième cycle de discussions sur l'avenir de la Syrie sous l'égide de l'ONU, prévoit d'arriver mercredi à Genève.

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