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Irak: HRW dénonce les "abus" de milices engagées contre l'EI

Human Rights Watch a accusé jeudi des unités paramilitaires combattant le groupe Etat islamique (EI) en Irak d'avoir commis des "abus" contre des hommes soupçonnés de liens avec les jihadistes, et réclamé une enquête des autorités.

Les forces irakiennes, soutenues par la coalition internationale dirigée par Washington, ont lancé le 21 septembre une offensive pour reprendre aux jihadistes la ville de Hawija (nord) et le vaste territoire à l'ouest de ce dernier bastion urbain encore aux mains de l'EI.

"Les forces militaires irakiennes font elles-mêmes la loi, jouant le rôle de juge, de jury et de bourreau avec des personnes interpellées soupçonnées d'être avec l'EI", assène Sarah Leah Whitson, directrice pour le Moyen-Orient de l'organisation internationale basée à New York.

"Si l'Irak veut se distinguer en tant qu'Etat de droit, il doit serrer la bride à ces unités responsables d'abus", précise-t-elle dans un communiqué.

HRW rapporte une opération menée le 21 septembre par le Hachd al-Chaabi, des unités paramilitaires dominées par des milices chiites, dans un village à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Hawija.

Ces forces, qui appuient les troupes gouvernementales, ont appelé les collaborateurs de l'EI à se rendre, et quatre hommes ayant obtempéré ont été escortés à l'extérieur du village de Sayhat Othman, selon l'ONG qui se base sur le témoignage de cinq villageois.

Le père de l'un des hommes a assuré avoir ensuite entendu "des tirs", tandis que les autres personnes interrogées par HRW ont entendu des "rumeurs selon lesquelles les hommes ont été tués".

Un des quatre suspects "est en chaise roulante, à la vue faible, qui a travaillé dans une mosquée locale sous l'EI et a coopéré avec le groupe quand il contrôlait le secteur", selon HRW.

"Les familles n'ont eu aucune information" concernant le sort des quatre suspects, indique HRW, qui précise que 25 hommes du village ont par ailleurs été détenus pendant un jour et "ont reçu des coups de crosse de pistolet".

"Les autorités irakiennes devraient enquêter sur toute suspicion de crime", affirme l'ONG, évoquant notamment les cas de "torture, exécutions extrajudiciaires, disparitions forcées et autres abus commis par n'importe quelle partie du conflit".

En juillet, après la victoire de Bagdad contre l'EI à Mossoul, HRW avait accusé une unité de l'armée formée par les forces américaines d'avoir mené des exécutions sommaires de prisonniers dans la deuxième ville du pays.

Human Rights Watch a accusé jeudi des unités paramilitaires combattant le groupe Etat islamique (EI) en Irak d'avoir commis des "abus" contre des hommes soupçonnés de liens avec les jihadistes, et réclamé une enquête des autorités.Les forces irakiennes, soutenues par la coalition internationale dirigée par Washington, ont lancé le 21 septembre une offensive pour reprendre aux jihadistes la ville de Hawija (nord) et le vaste territoire à l'ouest de ce dernier bastion urbain encore aux mains de l'EI."Les forces militaires irakiennes font elles-mêmes la loi, jouant le rôle de juge, de jury et de bourreau avec des personnes interpellées soupçonnées d'être avec l'EI", assène Sarah Leah Whitson, directrice pour le Moyen-Orient de l'organisation internationale basée à New York."Si l'Irak veut se distinguer en tant qu'Etat de...