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Culture

« Kingsman, The Golden Circle » : de la suite dans les idées

Le succès de l'opus 2 de « Kingsman » était très attendu. Il confirme la place à part de son réalisateur Matthew Vaughn, satisfait les attentes des fans, mais ouvre aussi des portes qu'on aurait préféré voir fermées pour cette franchise.

28/09/2017

Matthew Vaughn est un réalisateur/producteur relativement secret, mais dont le talent a été reconnu grâce au succès de Kick Ass, X-Men First Class et Kingsman, en tant que réalisateur, et à celui de producteur notamment sur les 3 premiers films de Guy Ritchie. Plutôt homme de l'ombre, il est marié à Claudia Schiffer depuis 2002 et vit loin des médias. Son style est efficace, intelligent, dans l'air du temps, et surtout irrévérencieux. Il a une approche très anglaise, porte beaucoup d'attention à la bande sonore et à la production design ainsi qu'au casting. Kingsman, sorti en 2015, est une adaptation d'un comic book anglais. C'était à la fois un film d'espionnage, un film d'action et une comédie. Avec ce décalage typique qui ne peut sortir que de la tête d'un Anglais. Qui d'autre pouvait décider d'un superméchant qui zozote, porte des casquettes et tombe malade à la vue du sang ? Qui d'autre qu'un Anglais pouvait mettre ces textes dans la bouche d'une princesse suédoise ? Et Kingsman, c'est quelque part aussi la vie de Vaughn portée sur grand écran. Ayant longtemps cru qu'il était le fruit d'une liaison entre sa mère et l'acteur américain Robert Vaughn, il est apparu qu'il est l'enfant d'un noble anglais appelé George Albert Harley de Vere Drummond.

Julianne Moore en narco queen
Le héros de Kingsman, jeune lad anglais désœuvré, se retrouve membre d'une organisation secrète internationale pour laquelle un sang bleu est préférable. Ayant prouvé sa noblesse de cœur au premier épisode, il est maintenant un membre à part entière et forme un couple avec la princesse suédoise qu'il avait sauvée. Ses deuxièmes aventures étaient très attendues, d'abord parce que le premier film avait soufflé un vent de fraîcheur, bienvenu, et ensuite parce que l'été cinématographique 2017 avait été très pauvre en films de qualité et très riche en déceptions. Matthew Vaughn déçoit rarement, et sait toujours se retirer des projets quand il les sent lui échapper. The Golden Circle continue donc de creuseur le sillon du premier tome, avec ses personnages aimables, sa branchitude naturelle, sa bande sonore parfaite, ses combats orchestrés et son style très personnel, à la fois ultraviolent et ultra-comic book. Il arrive à transformer le déchiquetage en steak haché d'un mafieux en scène anodine. Après un Samuel L. Jackson zozotant, c'est une Julianne Moore totalement perchée, en narco queen fan des 50's, qui fait l'effet de surprise. Après les téléphones, les méchants utilisent maintenant les drogues pour manipuler la population et les gouvernements. Deux thèmes dans l'air du temps, et une critique de la société américaine, grosse consommatrice sous toutes ses formes, toujours prête à juger violemment les consommateurs, très cynique dans sa manière de régler les problèmes, et avec toujours en arrière-pensée la possibilité de faire de l'argent. Le film rejoint alors American Made (avec Tom Cruise) dans la critique de la politique américaine. C'est cette partie US qui est pourtant la faiblesse du film. Car les Kingsman anglais ont des cousins américains qui, à défaut d'être des tailleurs haut de gamme, sont des distilleurs de whisky du Kentucky, milliardaires. Et on sent que cette idée n'est pas que scénaristique, mais aussi stratégique, avec la possibilité d'avoir 2 franchises en parallèle, les Kingsman anglais et les Statesman américains. C'est un détail, mais il rend du coup Kingsman moins irrévérencieux, plus cynique. Le film reste tout de même un excellent divertissement, avec quelques pertes de rythme au début, mais avec toujours cette même énergie. Et, bonne nouvelle pour le Liban, Elton John est en forme olympique quelques semaines avant son concert à Beyrouth.

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