Une dizaine de militants des droits de l'Homme, dont la directrice d'Amnesty en Turquie, ont été emmenés lundi dans un tribunal d'Istanbul pour y être interrogés par un procureur en vue d'une possible inculpation, a rapporté l'ONG.
Huit militants des droits de l'Homme, dont la directrice d'Amnesty pour la Turquie Idil Eser, ont été arrêtés début juillet lors d'un atelier de formation au management et à la sécurité informatique, sur l'île de Büyükada, rattachée à Istanbul. Un Suédois et un Allemand, formateurs lors de cet atelier, ont également été interpellés et placés en garde à vue.
Soupçonnés par les autorités turques d'"appartenance à une organisation terroriste armée", les 10 militants ont été présentés lundi à un procureur pour la première fois depuis leur interpellation. L'expression "organisation terroriste" désigne le plus souvent pour les autorités turques les partisans du prédicateur Fethullah Gülen, accusé d'avoir fomenté le putsch manqué de 15 juillet 2016, ou les séparatistes kurdes du PKK.
"De deux choses l'une : soit ils vont enfin être remis en liberté (...) Soit ces personnes seront malheureusement placées en détention dans l'attente d'un procès", a déclaré devant le tribunal Andrew Gardner, chercheur spécialiste de la Turquie à Amnesty. "C'est un test pour la justice turque. La Turquie sera en disgrâce aux yeux du monde si ces militants sont mis en prison pour avoir défendu les droits de l'Homme", a-t-il estimé.
Leur arrestation est survenue dans un contexte de purges massives depuis la tentative de coup d'Etat. Plus de 50.000 personnes, dont des opposants du président Recep Tayyip Erdogan, des membres d'ONG et des journalistes ont été arrêtés.
La semaine dernière, M. Erdogan avait publiquement accusé les militants arrêtés de mener des activités s'inscrivant "dans la continuité du (putsch du) 15 juillet", sans autre précision.
L'interpellation des militants des droits de l'Homme a suscité l'inquiétude des partenaires occidentaux d'Ankara. Le Conseil de l'Europe, dont fait partie la Turquie, a ainsi exigé leur libération "immédiate".
Huit militants des droits de l'Homme, dont la directrice d'Amnesty pour la Turquie Idil Eser, ont été arrêtés début juillet lors d'un atelier de formation au management et à la sécurité informatique, sur l'île de Büyükada, rattachée à Istanbul. Un Suédois et un Allemand, formateurs lors de cet atelier, ont également été interpellés et placés en garde à vue.
Soupçonnés par les autorités turques d'"appartenance à une organisation terroriste armée", les 10 militants ont été présentés lundi à un procureur pour la première fois depuis leur interpellation. L'expression...

