Moyen Orient et Monde

Washington prêt à travailler avec Moscou sur des zones d’exclusion aérienne en Syrie

Conflit
OLJ
07/07/2017

Les États-Unis sont prêts à travailler avec la Russie pour établir des zones d'exclusion aérienne en Syrie, a annoncé le secrétaire d'État américain Rex Tillerson, avant la première rencontre prévue aujourd'hui entre les présidents russe et américain. Dans un communiqué, le chef de la diplomatie américaine a souligné la « responsabilité particulière » de la Russie, alliée du régime de Damas, pour « parvenir à la stabilité » en Syrie.
« Les États-Unis sont prêts à explorer la possibilité d'établir avec la Russie des mécanismes communs assurant la stabilité (en Syrie), y compris des zones d'exclusion aérienne, des observateurs du cessez-le-feu et une livraison coordonnée de l'aide humanitaire », a écrit le chef de la diplomatie. « Si nos deux pays travaillent ensemble pour établir la stabilité sur le terrain, cela posera des fondations pour une avancée vers un accord sur l'avenir politique de la Syrie. »
Le groupe jihadiste « pourrait être au bord de la défaite complète en Syrie si toutes les parties se concentrent sur cet objectif », a souligné M. Tillerson, estimant que « la communauté internationale, et plus particulièrement la Russie, doit éliminer les obstacles entravant la défaite » de l'EI, ajoute-t-il alors que les relations entre Washington et Moscou se sont récemment tendues sur la Syrie.
Le 18 juin dernier, Washington a en effet abattu un avion syrien en expliquant que l'appareil menaçait les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes soutenue par les États-Unis. Ces tensions ont, par ricochet, affecté les relations avec la Russie, qui avait dénoncé comme un « acte d'agression » la destruction de l'avion syrien, reprochant à Washington de ne pas l'avoir prévenue. M. Tillerson a néanmoins qualifié mercredi ces incidents de « mineurs » et s'est félicité de la coopération entre Washington et Moscou en matière de communication militaire, pour notamment définir en Syrie des zones dites de « désescalade » visant à éviter les incidents aériens.
Cet entretien intervient alors que les FDS sont entrées dans Raqqa, dernier grand fief urbain du groupe État islamique en Syrie. Les raids aériens de la coalition internationale antijihadistes ont tué au moins 224 civils depuis l'entrée le 6 juin de ces forces soutenues par les États-Unis dans la ville, a indiqué hier une ONG. La coalition a réagi à ces accusations, affirmant qu'elles étaient fondées sur « des sources peu fiables ».

Pressions
Les enquêteurs de la commission conjointe entre l'ONU et l'OIAC, chargés de déterminer les auteurs de l'attaque chimique du 4 avril en Syrie, ont déclaré être soumis à d'intenses pressions politiques, selon leur rapporteur en chef. Un autre rapport d'experts de l'Organisation internationale pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), dévoilé la semaine dernière, a confirmé l'utilisation de gaz sarin lors du bombardement sur la localité de Khan Cheikhoun (87 morts), qui avait provoqué une immense vague d'indignation internationale et la première frappe de Washington contre le régime de Damas. À l'issue d'une réunion à huis clos avec le Conseil de sécurité des Nations unies, Edmond Mulet s'est plaint hier d'un « environnement hautement politisé » dans lequel des « parties intéressées » cherchent à influencer la commission. « Nous recevons, malheureusement, des messages directs et indirects en permanence de plusieurs directions nous expliquant comment faire notre travail », a assuré aux journalistes le chef des enquêteurs. Selon des diplomates, les pressions proviennent de la Russie, mais Edmond Mulet a souligné que « les messages viennent de partout », laissant entendre que certains pays occidentaux exercent également une pression. La commission présentera ses conclusions mi-octobre au Conseil sur cette attaque ainsi que sur une autre au gaz moutarde en septembre 2016 à Um Hosh, dans la province d'Alep.
Plus au sud de Khan Cheikhoun, Hama a été hier victime d'un attentat-suicide, faisant deux morts et neuf blessés. « Un terroriste a fait exploser sa ceinture explosive » à la station de bus de la ville, a indiqué la télévision d'État. La ville de Hama, chef-lieu de la province du même nom, est sous contrôle du régime syrien en guerre contre les rebelles et les jihadistes dans le pays meurtri par un conflit dévastateur depuis mars 2011.
Sources : agences

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