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Moyen Orient et Monde

L’État islamique pris au piège à Raqqa

Syrie

Le groupe jihadiste est, depuis hier, totalement encerclé dans son dernier bastion urbain, mais lance toujours des contre-attaques meurtrières.

OLJ
30/06/2017

Le groupe État islamique (EI) est depuis hier pris au piège dans sa place forte de Raqqa, en Syrie, un nouveau revers pour cette organisation tant redoutée qui perd du terrain dans ce pays et en Irak alors que ses finances s'épuisent. Mais malgré ce revers, les jihadistes ont lancé des contre-attaques surprise dans des quartiers récemment repris par les Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance kurdo-arabe soutenue par une coalition internationale menée par les États-Unis, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
Après une manœuvre d'encerclement qui a pris des mois, l'alliance kurdo-arabe a coupé la dernière issue permettant aux jihadistes de fuir cette ville du nord de la Syrie, selon l'OSDH. Cette annonce intervient trois ans jour pour jour après la proclamation par l'EI du « califat islamique » sur les territoires que ses combattants avaient conquis en Syrie et dans l'Irak voisin. Les FDS ont « pris le contrôle d'une région au sud de l'Euphrate, coupant ainsi la dernière route que l'EI pouvait utiliser pour se retirer de Raqqa », a expliqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.
Les combattants kurdes et arabes contrôlaient déjà les côtés nord, est et ouest, mais le flanc sud de Raqqa, devenue de facto la « capitale » de l'EI en Syrie, s'avérait plus lent à conquérir car il se trouvait à la lisière du désert. « Les FDS ont pu maintenant encercler complètement Raqqa », a affirmé Rami Abdel Rahmane. Cet encerclement a été confirmé par un porte-parole de la coalition. « Les FDS contrôlent désormais toutes les avenues menant à Raqqa à partir du sud », a déclaré dans un communiqué le colonel américain Ryan Dillon.
Cependant, l'EI ne semble pas près de se rendre. Venus du centre-ville, toujours entre leurs mains, une quarantaine de ses membres, vêtus de l'uniforme des FDS pour tromper la vigilance de leurs adversaires, ont attaqué al-Senaa et Mechleb, deux quartiers du Sud-Est. Ils ont mené trois attaques-suicides à la voiture piégée, actionné des drones avec des charges explosives, se sont emparés de six positions tenues par les FDS et ont tué plusieurs combattants, a encore indiqué Rami Abdel Rahmane. « Même totalement assiégés, les jihadistes sont capables de mener des opérations », a-t-il ajouté. Quelque 2 500 jihadistes combattent dans la ville, selon le général britannique Rupert Jones, commandant en second de la coalition internationale.
Par ailleurs, l'ONU a estimé que près de 100 000 civils étaient « pris au piège » à Raqqa. « Avec l'intensification des frappes aériennes et des combats au sol, le nombre de victimes civiles augmente et les axes pour fuir se ferment les uns après les autres », a fait valoir le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme.

Déclin continu
Depuis la proclamation du califat en juin 2014 sur les territoires conquis par l'EI en Syrie et en Irak, le groupe ultraradical, qui a revendiqué de nombreux attentats en Occident, a nettement perdu de sa superbe. Il a perdu en trois ans 60 % du territoire qu'il occupait dans ces deux pays et 80 % de ses revenus, selon une étude du cabinet d'analyse IHS Markit publiée hier. Le territoire du califat est passé de 90 000 km² en janvier 2015 à 36 200 km² en juin 2017, explique cette firme basée à Londres. « La montée et la chute de l'EI se caractérisent par une expansion rapide suivie d'un déclin continu (...). Il est évident que le projet de gouvernance du califat a échoué », note Columb Strack, un expert du Moyen-Orient à IHS Markit. « Le reste du califat devrait se désintégrer avant la fin de l'année », a-t-il ajouté. Par ailleurs, les revenus mensuels de l'EI sont passés de 81 millions de dollars au deuxième trimestre 2015 à 16 millions de dollars au deuxième trimestre 2017, soit une baisse de 80 %.
Ailleurs en Syrie, les FDS ont évoqué hier un « risque élevé de confrontation ouverte et acharnée » avec les troupes turques dans un secteur du nord-ouest du pays, où les deux parties ont échangé récemment des tirs. Les FDS ont pris la décision de s'opposer aux forces turques « si elles tentent de progresser au-delà des lignes connues » dans ce secteur, où l'armée turque a récemment déployé de nouvelles unités, a déclaré Nasser Hadj Mansour, conseiller des FDS. Enfin, l'envoyé américain auprès de la coalition internationale, Brett McGurk, a rencontré hier des responsables locaux à Tabqa, dans le nord de la Syrie. Il était accompagné par le commandant adjoint de la coalition, le major général de l'armée britannique Rupert Jones, ainsi que d'autres responsables de la coalition et des membres des FDS.
Sources : agences

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