Un tribunal turc a levé jeudi l'interdiction de se rendre à l'étranger imposée à la romancière Asli Erdogan, poursuivie pour "propagande terroriste" dans une affaire emblématique des restrictions de la liberté d'expression en Turquie.
Rejetée une première fois en mars, la requête de la romancière de 50 ans d'obtenir la levée de l'interdiction de voyager qui lui avait été imposée lors de sa remise en liberté provisoire en décembre, a été approuvée jeudi par un tribunal d'Istanbul.
Saluant une "mesure positive", Asli Erdogan a une nouvelle fois rejeté les accusations de propagande. "Je suis innocente. On me fait payer juste parce que j'ai exprimé mon opinion au nom de la liberté d'expression", a-t-elle déclaré à la presse après l'audience.
A cause de l'interdiction de sortie de territoire dont elle faisait l'objet, la romancière n'avait pas pu aller récupérer plusieurs prix littéraires qui lui avaient été décernés à l'étranger.
Et même après la levée de cette interdiction, l'auteure n'est pas sûre de pouvoir se rendre à l'étranger, souligne son avocat, Me Erdal Dogan, rappelant que les passeports des personnes jugées pour des activités "terroristes" étaient confisqués ou annulés par les autorités sous le régime de l'état d'urgence en vigueur depuis le putsch manqué du 15 juillet.
"L'interdiction de voyager a été levée, mais il appartient désormais au ministère de l'Intérieur de trancher sur cette question", a-t-il déclaré.
La linguiste Necmiye Alpay, 70 ans, poursuivie sur la base d'accusations similaires et qui avait été libérée en même temps qu'Asli Erdogan, a également vu son interdiction de voyager levée.
Les deux intellectuelles avaient été remises en liberté sous contrôle judiciaire fin décembre après plus de quatre mois en détention provisoire pour avoir collaboré au journal prokurde Ozgür Gündem, fermé par décret-loi en octobre, car accusé de "propagande terroriste".
Elles n'ont toutefois pas été acquittées et risquent toujours, avec sept autres personnes, la prison à vie. Le procès a été ajourné au 31 octobre.
L'arrestation d'Asli Erdogan et sa détention pendant 132 jours, avaient provoqué une vague d'indignation en Turquie et en Occident, qui s'inquiète des restrictions imposées à la liberté d'expression depuis le putsch manqué du 15 juillet suivi de purges sans précédent.
Rejetée une première fois en mars, la requête de la romancière de 50 ans d'obtenir la levée de l'interdiction de voyager qui lui avait été imposée lors de sa remise en liberté provisoire en décembre, a été approuvée jeudi par un tribunal d'Istanbul.
Saluant une "mesure positive", Asli Erdogan a une nouvelle fois rejeté les accusations de propagande. "Je suis innocente. On me fait payer juste parce que j'ai exprimé mon opinion au nom de la liberté d'expression", a-t-elle déclaré à la presse après l'audience.
A cause de l'interdiction de sortie de territoire dont elle faisait...


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