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Culture

Doreen el-Zein et sa carte tendresse

Exposition

Ses toiles font effet d'un labyrinthe, mais on ne s'y perd pas. On s'y retrouve, plutôt.

12/06/2017

Enfant, Doreen el-Zein rêvait de devenir, un jour, designer de textiles. Elle ne savait pas que les couleurs la rattraperaient, sous une autre forme artistique. En découvrant son goût, voire sa passion, pour la peinture, elle décide de poursuivre ses études à Byam Shaw Scool of Art (actuellement l'école Saint Martins), prend une pause mariage-maternité – « j'allais devenir une maman travailleuse à mi-temps en me consacrant à la restauration des meubles, ainsi qu'à la réalisation des effets muraux » –, avant de se remettre, dix ans plus tard, à la sculpture et à la peinture. « C'était un magma d'idées qui s'étaient mélangées durant toutes ces années pour être filtrées et se recomposer sur mes œuvres. »
La communauté arménienne est réputée pour son travail artisanal et manuel, et Doreen Khanamerian el-Zein voyait tout le temps sa grand-mère piquer du crochet. « Je pense que cette image s'est incrustée dans mon esprit. » Après plusieurs expositions collectives à Dubaï, au Beirut Exhibition Center et à la galerie Hamazkayin, l'artiste réalise son premier accrochage solo chez Agial. Les toiles mixed media aux couleurs pastel traduisent une douceur de vivre. Ses cellules klimtiennes n'ont d'autre influence que ses expériences au fil du temps. « Tout est question d'émotion du moment, sur la toile. Je n'appartiens à aucun courant ni mouvement », confie-t-elle. La cartographie humaine de Doreen el-Zein est faite de routes qui se croisent, se séparent, brodant ainsi une destinée. Chez cette artiste qui aime donner le temps au temps, tout est contraste : simplicité et complexité du thème, contrôle et liberté du geste : « Je laisse parfois la peinture couler. C'est un risque que je prends, et que je prends d'ailleurs rarement dans la vie, pour rattraper le flux et le contrôler. D'où les formes tubulaires ou autres qui valsent avec les transparences. »
L'artiste n'aura de cesse, pourtant, de revenir sur la toile afin d'ajuster, d'affiner les compositions et de les harmoniser. Dans ces labyrinthes qui dessinent une cartographie humaine, pleine d'émotions, et ces ramifications de branchages, tout s'ouvre chez Doreen el-Zein. « Je n'ai plus envie de traduire la tristesse, mais plutôt la joie d'être vivant. »

Galerie Agial
Rue Abdel Aziz, Hamra, jusqu'au 24 juin.

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