La Russie, "parrain" du régime syrien, et la Turquie, soutien des rebelles, se sont prononcées en faveur de la création de "zones de désescalade" destinées à "pacifier" le pays et renforcer le cessez-le-feu, a déclaré mercredi le président Vladimir Poutine.
"Notre position commune est que la création de zones de désescalade doit amener à une plus grande pacification et à un renforcement du régime de cessez-le-feu", a déclaré M. Poutine lors d'une conférence de presse commune à Sotchi avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan. Selon le président russe, ces zones devront s'accompagner de zones d'exclusion aérienne, "à condition qu'il n'y ait aucune activité militaire dans ces zones".
Vladimir Poutine a affirmé avoir abordé la question des zones de "désescalade", un terme flou qui pourrait s'approcher de l'idée d'une zone tampon, avec le président américain Donald Trump mardi lors d'une conversation téléphonique. "Si j'ai bien compris, l'administration américaine soutient cette idée", a-t-il prudemment déclaré.
Ces zones doivent favoriser la mise en place "d'un dialogue politique entre les belligérants. Ce processus politique doit amener en fin de compte à un rétablissement complet de l'intégrité territoriale du pays", a poursuivi M. Poutine.
Selon lui, la lutte contre les "organisations terroristes" telles que le groupe Etat islamique ou le Front Fateh al-Cham, ancienne branche d'el-Qaëda en Syrie, se poursuivra malgré l'instauration éventuelle de telles zones.
M. Erdogan a pour sa part indiqué avoir évoqué avec son homologue russe la création de ces zones "sur la carte", appelant à ce que cette idée soit adoptée à Astana, au Kazakhstan, où s'est ouvert mercredi un quatrième round de négociations entre rebelles et régime. La délégation des rebelles a toutefois annoncé avant même toute discussion suspendre sa participation aux négociations jusqu'à ce que Damas stoppe ses bombardements dans toute la Syrie.
Les rebelles reconnaissent néanmoins que le principe des "zones de désescalade serait une mesure temporaire pour améliorer la situation humanitaire difficile des civils".
Ces zones, qui font partie d'un projet proposé par Moscou, seraient créées dans les territoires rebelles à Idleb (nord-ouest), dans la province centrale de Homs, dans l'enclave rebelle de la Ghouta (banlieue est de Damas) et dans la partie méridionale du pays.
Selon la version en arabe du texte obtenu par l'AFP, les "zones de désescalade" doivent être secondées de "zones de sécurité" constituées de postes de contrôle et de centres de surveillance tenus conjointement par l'armée syrienne et les rebelles.
Dernières Infos
Erdogan et Poutine en faveur de zones de "désescalade" pour "pacifier" la Syrie
AFP / le 03 mai 2017 à 17h48


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine