La criminalité à motivation "politique" a progressé l'an dernier en Allemagne, avec un bond de 66% pour celle commise par des étrangers au nom de groupes comme l'organisation Etat islamique (EI), selon des chiffres dévoilés lundi.
"Le nombre des délits politiquement motivés en 2016 est à son plus haut niveau" pour la quatrième année consécutive, "c'est inacceptable", a déclaré lors d'une conférence de presse le ministre de l'Intérieur Thomas de Maizière.
Au total, les autorités ont enregistré 41.549 délits "politiquement motivés", une hausse de 6,6% par rapport à 2015. Quelque 23.555 délits imputables à l'extrême droite ont été recensés (+2,6) -- comme des attaques contre des foyers de réfugiés ou contre les demandeurs d'asile eux-mêmes --, tandis que 9.389 (+2,2%) sont attribués à l'extrême gauche.
La violence "politique" imputée à des étrangers, commise par exemple "au nom (du groupe) Etat islamique ou du PKK", le Parti des travailleurs du Kurdistan, interdit, a connu à elle seule une hausse particulièrement importante de plus de 66% (3.372 cas), a souligné Thomas de Maizière. "L'Allemagne est dans la ligne de mire d'organisations terroristes", a dit le ministre.
L'Allemagne a été l'an passé la cible de plusieurs attentats revendiquées par l'EI, la plus meurtrière étant celle commise au camion-bélier sur un marché de Noël de Berlin le 19 décembre : 12 personnes y ont perdu la vie.
L'attaque avait été menée par un Tunisien de 24 ans débouté du droit d'asile.
Selon les chiffres présentés lundi par M. de Maizière, la hausse spectaculaire des violences politiques commises par des étrangers résulte toutefois essentiellement du conflit entre la Turquie et le PKK, importé sur le sol allemand : en 2016, le nombre de délits en lien avec ce conflit a presque doublé, passant de 808 à 1.597, soit près de la moitié de ces violences politiques.
Alors que l'Allemagne a accueilli depuis 2015 plus d'un million de demandeurs d'asile, une hausse de la criminalité au sein des réfugiés a également été enregistrée, passant de 114.000 cas en 2015 à 174.000 en 2016 (+52,7%), a indiqué M. de Maizière.
Selon lui, la plupart de ces délits sont néanmoins commis par des multirécidivistes, la plupart des réfugiés ne commettant pas de violence.
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Allemagne : hausse de la criminalité à motivation "politique"
AFP / le 24 avril 2017 à 16h51


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