Un tribunal espagnol a pour la première fois entendu lundi un ancien membre d'un gouvernement de Mariano Rajoy, l'ex-ministre Ana Mato, comme bénéficiaire présumée de cadeaux offerts par un réseau de corruption. La retentissante "affaire Gurtel" avait poussé la ministre de la Santé à démissionner en novembre 2014 du gouvernement conservateur de M. Rajoy où elle siégeait depuis 2011.
L'ancienne députée européenne du Parti populaire (PP) a finalement été interrogée lundi par les juges de l'audience nationale, spécialisée dans les affaires de corruption, comme "bénéficiaire à titre lucratif" de cadeaux qui auraient été faits par le réseau à son mari à l'époque, Jesús Sepúlveda, maire de la ville de Pozuelo de 2003 à 2009.
Selon l'accusation, le réseau dirigé par l'homme d'affaires Francisco Correa aurait offert au couple des voyages et de luxueux cadeaux, entre 2001 et 2005, et financé plusieurs fêtes d'anniversaire ou de communion pour ses enfants. Le parquet estime que Mme Mato en a bénéficié pour un montant supérieur à 28.000 euros.
Son ex-mari - soupçonné d'avoir été couvert de cadeaux en échange de l'attribution de contrats publics - risque la prison, pour détournement de fonds publics et trafic d'influence.
En janvier, M. Sepulveda avait ainsi assuré devant les juges que le jour où il comptait s'acheter une Jaguar, il avait rencontré par hasard M. Correa devant le siège du Parti populaire (PP). M. Correa l'avait accompagné chez le concessionnaire puis lui avait proposé d'acquérir la Jaguar pour lui.
Mme Mato a soutenu lundi qu'elle ignorait comment avait été financé l'achat de trois voitures haut de gamme qui stationnaient dans leur garage. Elle s'est constamment démarquée de son ancien mari, désigné comme "Monsieur Sepulveda": "M. Sepulveda se chargeait des voyages familiaux et de la décoration des fêtes d'enfants", a-t-elle dit, en assurant ignorer qui avait pu les financer. Le procureur a estimé qu'elle avait répondu "de manière plutôt évasive" aux questions.
Le PP, présidé depuis 2004 par l'actuel chef du gouvernement, Mariano Rajoy, est pour la première fois mis en cause en tant que "bénéficiaire" de fonds obtenus illégalement par des maires PP, mais le parti a refusé lundi de comparaître.
Trente-sept personnes au total - dont deux anciens trésoriers du parti - sont jugées depuis octobre, soupçonnées d'avoir participé au vaste réseau de détournements de fonds publics portant sur des dizaines de millions d'euros entre 1999 et 2005.
L'ancienne députée européenne du Parti populaire (PP) a finalement été interrogée lundi par les juges de l'audience nationale, spécialisée dans les affaires de corruption, comme "bénéficiaire à titre lucratif" de cadeaux qui auraient été faits par le réseau à son mari à l'époque, Jesús Sepúlveda, maire de la ville de Pozuelo de 2003 à 2009.Selon l'accusation, le réseau dirigé par l'homme d'affaires Francisco Correa aurait...

