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Auto - Enquête

Les pièces de rechange pour voitures anciennes ont la cote

Le marché de niche, qui s'apparente parfois à « un gros bazar », représente un puissant vecteur d'image de marque pour les constructeurs et équipementiers.

Une Peugeot 203 de 1958. Apparue en 1948, cette automobile est une voiture de tourisme. Rapidement disponible en plusieurs versions (cabriolet, coupé ou véhicules utilitaires), elle commence sa carrière en 1949. Unique modèle commercialisé par Peugeot jusqu’en 1954, la 203 est le symbole de la renaissance de la firme au lion après la Seconde Guerre mondiale.

Les constructeurs et équipementiers automobiles sont de plus en plus nombreux à s'intéresser aux pièces de rechange pour véhicules anciens, un marché de niche, atomisé et parfois peu contrôlé, qui représente aussi un puissant vecteur d'image de marque.
Un carburateur pour Peugeot 203, un train de pneus d'Alfa Romeo des années 1960 ou encore un pare-brise de Mercedes cabriolet : beaucoup de pièces se dénichent. Certaines facilement, d'autres au terme de jeux de piste impliquant clubs, réseaux d'amis, sites internet et bien sûr revendeurs, comme ceux qui étaient présents au Salon Rétromobile, à Paris, qui s'est ouvert mercredi dernier et s'est clôturé hier. Car nombreux sont les constructeurs qui renoncent à fournir des pièces plus de dix ans après la fin de la commercialisation d'un modèle. D'autres font le choix de conserver des stocks plus longtemps, voire de contrôler de nouvelles fabrications, en particulier les marques haut de gamme comme Jaguar, Aston Martin, BMW, Mercedes et Porsche.
« On propose au catalogue 52 000 références pour nos voitures, et ça s'agrandit de mois en mois », témoigne Dominik Gruber, responsable de la communication de Porsche en France, faisant remarquer que « 70 % des Porsche qui ont été construites sont encore en circulation ». Évidemment, les prix sont à la hauteur de l'exclusivité de la mythique 911. « Les clients voient bien que ce sont des voitures qui ne perdent pas de valeur, et ils sont prêts à investir pour qu'elles aient les meilleures pièces possibles », assure M. Gruber.
Mercedes est réputé offrir une palette conséquente de pièces, même pour des modèles rares comme les 300 SL à portières « papillon » de 1954. « Les pièces de rechange sont produites aussi longtemps qu'il y a des besoins dans les marchés et que les pièces peuvent être économiquement produites », confirme-t-on chez la firme à l'étoile. Et du côté de son concurrent BMW, le site internet officiel permet de vérifier la disponibilité des pièces pour, entre autres, les sportives 2002 tii des années 1970. Là aussi, la qualité et le respect de l'origine ont un prix, ce qui mène des propriétaires à s'orienter vers l'occasion, voire des refabrications non officielles. C'est la norme pour les marques disparues (Simca, MG, Panhard, etc.) ou celles qui ont renoncé à assurer un suivi.

La sécurité en question
Mais « dans les refabrications, il y a les sérieuses et les mauvaises », prévient Michel Loreille, président de la branche Véhicules historiques nouvellement formée au sein du Conseil national des professions de l'automobile (CNPA). « Vous tombez sur des gens qui vont mettre le temps et les moyens pour de la copie conforme, et d'autres qui font n'importe quoi », déplore-t-il.
Les conversations entre amateurs de voitures anciennes foisonnent d'histoires de pièces défectueuses voire dangereuses, comme des éléments de frein et de train avant de Citroën Traction, ou des crémaillères de direction pour Jaguar qui avaient provoqué des accidents il y a quelques années. Les collectionneurs ne veulent « pas mettre leur vie entre les mains de pièces de mauvaise qualité », résume Jean-Paul Le Buzith, membre des instances dirigeantes de la Fédération française des véhicules d'époque (FFVE), reconnue d'utilité publique, qui réunit clubs, musées et professionnels. Face à un secteur qui s'apparente parfois à « un gros bazar », selon l'expression de M. Le Buzith, la FFVE a mis en ligne une liste de « fournisseurs parrainés sur lesquels on estime qu'il y a une certaine fiabilité ».
C'est qu'avec le développement d'internet, on trouve de toutes les qualités, à tous les prix, « du simple au quadruple, pour exactement la même pièce d'un point de vue visuel », signale M. Loreille, qui propose que le CNPA aide les pouvoirs publics à « essayer de réglementer intelligemment la refabrication des pièces ».
Rare marque généraliste à servir les collectionneurs, Peugeot (groupe PSA) passe par l'association L'aventure Peugeot Citroën DS, qui offre pour l'instant 120 références pour les Peugeot d'après-guerre et en vise 1 000 à un horizon de cinq ans, selon son responsable Bruno Garovo. « PSA va nous aider à retrouver les fabricants d'époque, s'ils existent toujours, on va leur demander de retravailler pour nous » à ces petites séries, estampillées « pièces d'origine » et garanties, explique M. Garovo. Les nouvelles techniques d'impression en trois dimensions (3D) sont également mises en œuvre au besoin. L'association, dont la mission est d'entretenir l'image des marques du groupe, prépare l'avenir en récupérant des stocks et des outillages pour de « futures anciennes » comme la Peugeot 406 coupé.
Les pièces anciennes comme vecteur d'image, telle est également la stratégie de l'équipementier allemand Bosch, présent à Rétromobile. « On ressort des batteries de 6 volts, des batteries 12 volts avec un look rétro et une technologie actuelle », détaille Denis Regard, directeur commercial pièces et services de Bosch France. « On ne le fait pas vraiment pour le business pur », reconnaît-il, car les pièces de collection ne représentent au mieux qu'une partie anecdotique du marché total de la pièce de rechange. Mais « c'est vraiment une activité qui est considérée comme importante, au moins en termes d'image parce que le client qui possède une voiture de collection a sûrement d'autres voitures modernes », explique Lorenzo Giovanelli, directeur de Michelin Classic.
Ce service du manufacturier français de pneumatiques offre « plus de 100 références » fabriquées en petite série, de la Citroën 2CV à la supercar McLaren F1. Pour M. Giovanelli, « l'activité des voitures de collection est en forte croissance » car « les propriétaires souhaitent de plus en plus respecter l'équipement d'origine ».
(Source : AFP)

Les constructeurs et équipementiers automobiles sont de plus en plus nombreux à s'intéresser aux pièces de rechange pour véhicules anciens, un marché de niche, atomisé et parfois peu contrôlé, qui représente aussi un puissant vecteur d'image de marque.Un carburateur pour Peugeot 203, un train de pneus d'Alfa Romeo des années 1960 ou encore un pare-brise de Mercedes cabriolet : beaucoup de pièces se dénichent. Certaines facilement, d'autres au terme de jeux de piste impliquant clubs, réseaux d'amis, sites internet et bien sûr revendeurs, comme ceux qui étaient présents au Salon Rétromobile, à Paris, qui s'est ouvert mercredi dernier et s'est clôturé hier. Car nombreux sont les constructeurs qui renoncent à fournir des pièces plus de dix ans après la fin de la commercialisation d'un modèle. D'autres font le choix...
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