La justice palestinienne a ordonné le retrait pour "indécence" du roman d'un jeune auteur qui a dénoncé mardi auprès de l'AFP une violation "sans précédent" de la liberté d'expression et des écrivains dans les Territoires occupés.
Le procureur général Ahmed Barak a estimé dans un communiqué que le roman policier récemment publié, "Un crime à Ramallah", contenait "des termes indécents qui attentent à la morale et à la décence publique, ce qui pourrait affecter la population, en particulier les mineurs". Il assure que sa décision "ne viole pas la liberté d'opinion et d'expression".
Le livre contient plusieurs pages au contenu sexuel explicite évoquant par exemple la masturbation du personnage principal.
Joint par téléphone, l'auteur Abbad Yahya, qui a dit se trouver à l'étranger, a indiqué qu'il avait été convoqué pour un interrogatoire.
Son éditeur, Fouad al-Aklik, a été arrêté lundi avant d'être libéré mardi matin à l'issue d'un interrogatoire, a-t-il ajouté.
"La police a saisi toutes les copies en librairies, de Jénine à Hébron", du nord au sud de la Cisjordanie, a dit M. Yahya, également journaliste.
Une association de défense des droits de l'Homme lui a dit "que la convocation d'un auteur pour un roman était une décision sans précédent de la justice palestinienne". Sa page Facebook a recueilli de nombreux messages de soutien.
"Ce qui me choque, c'est la vitesse avec laquelle cette décision a été prise et l'arrestation de l'éditeur", a-t-il ajouté. Il doute que les magistrats aient lu le livre, son quatrième roman.
Sur sa page Facebook personnelle, le ministre palestinien de la Culture, Ehab Bseiso, a dit vouloir lire l'ouvrage.
La section Culture de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) a dénoncé elle une décision "injustifiée" qui "ouvre la porte à toutes les dérives de la censure brutale".
Le procureur général Ahmed Barak a estimé dans un communiqué que le roman policier récemment publié, "Un crime à Ramallah", contenait "des termes indécents qui attentent à la morale et à la décence publique, ce qui pourrait affecter la population, en particulier les mineurs". Il assure que sa décision "ne viole pas la liberté d'opinion et d'expression".
Le livre contient plusieurs pages au contenu sexuel explicite évoquant par exemple la masturbation du personnage principal.Joint par téléphone, l'auteur Abbad Yahya, qui a dit se trouver à l'étranger, a indiqué qu'il avait été...

