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Human Rights Watch accuse la Turquie de museler les médias

Human Rights Watch (HRW) a accusé la Turquie de "réduire au silence" les médias indépendants pour couper court à toute critique de la purge menée depuis le coup d'Etat manqué du 15 juillet, dans un rapport publié jeudi.

"La gouvernement turc a pratiquement réduit au silence les médias indépendants afin d'empêcher qu'ils enquêtent sur ou critiquent la répression impitoyable de ceux qu'il perçoit comme ses ennemis", a affirmé l'ONG de défense des droits de l'Homme.

"Détenir 148 journalistes et collaborateurs de médias, fermer 169 médias et maisons d'édition en vertu de l'état d'urgence, ces actions montrent bien que la Turquie viole délibérément les principes fondamentaux des droits humains et de l'Etat de droit, principes au coeur de la démocratie", a déclaré Hugh Williamson, directeur de la division Europe et Asie Centrale à HRW.

Dans ce rapport basé sur une soixantaine d'entretiens, l'ONG dénonce des attaques qui avaient déjà "augmenté en 2014, mais se sont surtout intensifiées suite à la tentative de coup d'État de juillet", imputé par le gouvernement à Fethullah Gülen, un prédicateur exilé aux Etats-Unis, qui dément ces accusations.
Or, selon HRW, la répression ne concerne pas que les médias et journalistes gulénistes, mais aussi "des médias pro-kurdes et des voix indépendantes hostiles au gouvernement".

La Turquie accuse ces journalistes de soutien à des groupes qu'elle considère comme "terroristes" -principalement le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) et l'organisation de Fethullah Gülen.
Le gouvernement turc, qui se défend régulièrement de bafouer la liberté de la presse, n'a pas réagi dans l'immédiat au dernier rapport de HRW.

"Les professionnels interrogés ont décrit une ambiance de travail malsaine", explique le document. Mais aussi d'un espace de travail qui se "réduit" pour les reportages du fait "des sujets pour lesquels "le gouvernement ne veut pas de couverture médiatique".

Parmi les volets abordés par l'ONG, figurent un système pénal répressif pour les médias, des menaces et agressions physiques ainsi que des pressions exercées sur certains médias pour faire renvoyer des journalistes.
"Autrefois, des journalistes étaient assassinés en Turquie", explique un journaliste dont les propos sont rapportés par HRW. "Mais c'est le journalisme que ce gouvernement est en train d'assassiner."

Dans son rapport annuel sur la liberté de la presse publié mardi, Reporters Sans Frontières annonçait que la Turquie était le premier pays en matière de journalistes emprisonnés, devant la Chine, l'Iran et l'Egypte.


Human Rights Watch (HRW) a accusé la Turquie de "réduire au silence" les médias indépendants pour couper court à toute critique de la purge menée depuis le coup d'Etat manqué du 15 juillet, dans un rapport publié jeudi."La gouvernement turc a pratiquement réduit au silence les médias indépendants afin d'empêcher qu'ils enquêtent sur ou critiquent la répression impitoyable de ceux...