Le parquet sud-coréen a perquisitionné jeudi les locaux du ministère des Finances et de deux puissants conglomérats dans l'enquête sur le retentissant scandale de trafic d'influence centré sur la confidente de l'ombre de la présidente Park Geun-Hye.
SK, le troisième "chaebol" sud-coréen et Lotte, numéro cinq, sont accusés d'avoir versé des sommes énormes à des fondations mises en place par l'amie de 40 ans de la présidente, Choi Soon-Sil, dans le but d'obtenir de lucratives licences autorisant le commerce hors taxes.
Les enquêteurs du parquet se sont rendus au siège des deux groupes à Séoul, ainsi qu'au ministère des Finances, pour confisquer des documents relatifs à ces licences", a rapporté l'agence sud-coréenne Yonhap.
Le parquet a confirmé ces perquisitions auprès de l'AFP sans autre précision.
SK et Lotte avaient perdu en 2015 certaines des licences les autorisant à ouvrir des commerces de ventes hors taxes, à destination essentiellement du nombre grandissant de touristes chinois. Ils ambitionnaient de les récupérer lors d'enchères prévues en décembre.
Mme Choi a été arrêtée début novembre pour abus de pouvoir et extorsion. Elle est accusée d'avoir usé de son amitié avec Mme Park pour contraindre des groupes industriels à verser de l'argent à ses deux fondations, sommes dont elle se servait à des fins personnelles.
SK, qui est présent dans des activités très diverses dont la téléphonie mobile, la chimie, les semiconducteurs et Lotte (distribution, agroalimentaire, chimie), ont donné respectivement aux fondations de Mme Choi 11,1 milliards de wons (8,8 millions d'euros) et 4,9 milliards de wons. La veille, des perquisitions avaient eu lieu chez le géant Samsung, soupçonné d'avoir soudoyé Mme Choi pour obtenir le feu vert du gouvernement à une fusion controversée réalisée en 2015.
Le parquet soupçonne la présidente de "collusion" dans les activités illégales de Mme Choi et demande à l'entendre. La présidente dément ces accusations, les qualifiant de "fantasmes" fondés sur "l'imagination.
Les cadres dirigeants de groupes comme Hyundai ont également été entendus dans le cadre de ce scandale, qui met en lumière les relations parfois malsaines entre les conglomérats sud-coréens et le pouvoir politique.
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Crise en Corée du Sud : nouvelles perquisitions du parquet
AFP / le 24 novembre 2016 à 09h20

