Une nouvelle Constitution présentée par le président ivoirien Alassane Ouattara est soumise ce dimanche à l'approbation des électeurs dans le cadre d'un référendum que boycotte l'opposition.
Le texte supprime notamment la clause d'"ivoirité", soit l'obligation faite aux candidats à la présidence de la République d'avoir des parents nés ivoiriens.
Cette clause est depuis longtemps source de tensions en Côte d'Ivoire, pays à forte immigration étrangère. Elle a surtout été brandie par les adversaires de l'actuel chef de l'Etat pour l'empêcher de se présenter à la présidentielle.
Alassane Ouattara avait promis l'an dernier lors de la campagne en vue de sa réélection qu'il ferait abolir cette clause, afin de tourner la page sur plus d'une décennie de violences politiques qui ont tourné à la guerre civile en 2002-2003 puis en 2010-2011, quand le président sortant, Laurent Gbagbo, contestait la victoire de son rival au scrutin de novembre 2010.
Réélu il y a un an, Ouattara présente son projet, approuvé il y a un peu moins de trois semaines par l'Assemblée nationale, comme une garantie pour l'approfondissement de la paix et de la stabilité politique en Côte d'Ivoire.
Mais des partis de l'opposition ont appelé au boycottage des urnes, estimant que cette nouvelle Constitution visait à renforcer la coalition qui soutient Ouattara.
Le "oui" devrait l'emporter, jugent des analystes, qui ajoutent que le chiffre de la participation sera également important.
Malgré cinq ans de paix et de relance de l'économie, les Ivoiriens restent profondément divisés sur des lignes de faille politiques et ethniques.
La constitution actuelle a été rédigée à la suite du coup d'Etat militaire mené en 1999 par le général Robert Guéï.
Sa clause la plus controversée, la clause d'"ivoirité", exigeait des candidats à l'élection présidentielle que leurs deux parents soient nés ivoiriens. Elle était devenue un symbole d'exclusion pour de nombreux habitants, principalement ceux du nord du pays, y compris Ouattara, dont les racines familiales sont souvent réparties de part et d'autres des frontières avec le Burkina Faso et le Mali notamment.
La nouvelle Constitution abroge cette disposition et prévoit qu'un seul parent né ivoirien suffira pour valider une candidature à la magistrature suprême. Elle crée aussi un poste de vice-président et dote le Parlement d'une seconde chambre, un Sénat, au côté de l'actuelle Assemblée nationale.
Mais elle fixe aussi de nouvelles normes pour une révision de la Constitution, qui n'exigeraient plus la tenue d'un référendum mais un simple vote des Parlementaires à la majorité qualifiée des deux tiers. Des groupes de défense des droits de l'homme y voient un risque potentiel.
De même, des organisations de la société civile et des diplomates ont critiqué le processus constituant, regrettant une absence de transparence dans l'élaboration du texte et un calendrier trop serré: depuis son approbation par les députés, les électeurs n'ont eu qu'une vingtaine de jours pour se faire un avis sur ses 184 articles.
Le texte supprime notamment la clause d'"ivoirité", soit l'obligation faite aux candidats à la présidence de la République d'avoir des parents nés ivoiriens.
Cette clause est depuis longtemps source de tensions en Côte d'Ivoire, pays à forte immigration étrangère. Elle a surtout été brandie par les adversaires de l'actuel chef de l'Etat pour l'empêcher de se présenter à la présidentielle.
Alassane Ouattara avait promis l'an dernier lors de la campagne en vue de sa réélection qu'il ferait abolir cette clause, afin de tourner la page sur plus d'une décennie de violences politiques qui ont tourné à la guerre civile en...


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