Les armées philippines et américaines ont débuté mardi leurs manœuvres conjointes annuelles dans un contexte tendu par les injures de Rodrigo Duterte contre Washington, et ses menaces de réorienter sa diplomatie vers Pékin.
Connu pour son franc parler et son langage ordurier, le président philippin a depuis son investiture fin juin multiplié les critiques contre les Etats-Unis, ancienne puissance coloniale avec laquelle Manille a conclu un traité de défense mutuelle en cas de guerre.
L'avocat populiste s'est attiré les critiques des organisations de défense des droits de l'Homme et de certaines capitales étrangères -dont Washington- pour la brutalité de la "guerre contre le crime" qu'il a déclenchée à son arrivée au pouvoir, et qui s'est traduite par la mort de plus de 3.000 personnes.
Loin de se laisser impressionner par les réserves internationales, M. Duterte n'a jamais dérogé à son attitude de défi vis-à-vis de l'étranger.
Ces derniers jours, il a affirmé que les manœuvres conjointes avec les Etats-Unis seraient les premières et les dernières de son mandat, et menacé de dénoncer le pacte de défense conclu par son prédécesseur Benigno Aquino.
L'accord prévoit une augmentation des effectifs militaires américains dans l'archipel pour contrer l'expansionnisme chinois en mer de Chine méridionale.
"Réfléchissez-y à deux fois car je vais vous demander de quitter les Philippines", a déclaré dimanche M. Duterte dans une des tirades dont il a le secret, et qui visait cette fois les Etats-Unis.
"Les Américains, je ne les aime pas", a-t-il affirmé.
"Ils me réprimandent publiquement. Alors je leur dis: +Allez vous faire voir! Allez vous faire foutre!+", a-t-il poursuivi tout en laissant à nouveau entendre qu'il souhaitait réorienter la diplomatie philippine vers Pékin et Moscou.
La semaine dernière, il avait avancé que la CIA projetait de l'assassiner, quelques semaines après avoir qualifié Barack Obama de "fils de pute" quand il avait appris que ce dernier prévoyait d'évoquer avec lui la question des droits de l'Homme.
Pour autant, le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter a estimé jeudi que l'alliance américano-philippine était en "béton armé".
Rien n'indique pour l'instant que les propos de M. Duterte aient un impact sur la politique conjointe des deux pays.
"La relation (avec l'armée américaine) n'a pas changé", a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère philippin de la Défense, Arsenio Andolong.
Ces manœuvres impliquant 2.000 militaires des deux pays dureront jusqu'au 12. Elles incluent des exercices dans les eaux proches de zones de mer de Chine méridionale au cœur du contentieux avec Pékin.
Connu pour son franc parler et son langage ordurier, le président philippin a depuis son investiture fin juin multiplié les critiques contre les Etats-Unis, ancienne puissance coloniale avec laquelle Manille a conclu un traité de défense mutuelle en cas de guerre.
L'avocat populiste s'est attiré les critiques des organisations de défense des droits de l'Homme et de certaines capitales étrangères -dont Washington- pour la brutalité de la "guerre contre le crime" qu'il a déclenchée à son arrivée au pouvoir, et qui s'est traduite par la mort de plus de 3.000 personnes.Loin de se laisser...


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