Rock Herman, un hyperactif débordant d’énergie, vs Marshall Hart, interprète flegmatique lové sur un siège de batterie ultraconfortable.
Les dreadlocks sont là, bien évidemment. Le béret orné d'une étoile rouge aussi. Mais c'est surtout l'esprit de Robert Nesta Marley, alias Bob Marley, que Rock Herman et Marshall Hart veulent invoquer en cette soirée du lundi 26 septembre, au MusicHall. Pour rendre hommage au pape du reggae, le propriétaire des lieux Michel Éléftériades a préparé un duel sur scène à l'image de la bipolarité du génie que fut Marley. Le pitch : un concert de deux heures alternant les deux écoles du reggae. D'une part, celle d'une musique black, militante et revendicative et, de l'autre, celle d'une musique « calumet de la paix et de l'amour ». Les plus grands succès de Marley seront interprétés par ce tandem improbable. Les deux artistes ont des charismes aux antipodes ; si Rock est une montagne de muscles tatoués, un hyperactif débordant d'énergie, sillonnant frénétiquement la scène et remplissant les enceintes acoustiques de sa voix puissante, Marshall est beaucoup plus « rasta », interprète flegmatique lové sur un siège de batterie ultraconfortable, qu'il fait voyager avec lui, en chantant doucement d'une voix lascive, en dansant collé-serré avec sa batterie et ses percussions caribéennes. Quel interprète sera plébiscité par le public ? Celui qui roule des mécaniques et tape sur ses grosses caisses militantes ou le séducteur invétéré roucoulant les chansons Peace and Love du répertoire Marleynien ?
Le concert le dira sans doute. Mais au bout de ce duel, d'autres artistes seront invités sur scène pour rendre hommage au génie de la Jamaïque apportant des couleurs cubaines, flamenca et même orientales au reggae.
Le poète révolutionnaire est mort en 1981 à 36 ans d'un cancer à l'hôpital « Cedars of Lebanon », à Miami. Et c'est au pays du Cèdre et du Phénix que les oiseaux de nuit chercheront à le ressusciter.

