Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a été reçu hier à Ankara où il a eu un entretien avec le Premier ministre, Binali Yildirim, et où il a rencontré le président Recep Tayyip Erdogan. Kayhan Ozer/AFP
Le commissaire européen aux Affaires intérieures s'est félicité hier, lors d'une visite à Ankara, des progrès accomplis par la Turquie sur la voie de l'exemption de visas pour ses ressortissants désireux de se rendre dans l'Union européenne (UE), mais a estimé que toutes les conditions n'étaient pas encore réunies. L'UE, a poursuivi Dimitris Avramopoulos, est prête à aider les autorités turques à régler les derniers détails de façon à ce que cette mesure entre en vigueur « très bientôt ».
Bruxelles a promis d'accorder cette exemption de visas à la Turquie dans le cadre de l'accord sur le renvoi des migrants conclu en mars, mais exige au préalable une réforme de sa législation antiterroriste, ce que l'administration de Recep Tayyip Erdogan a exclu. Le ministre turc des Affaires européennes, Omer Celik, qui s'exprimait aux côtés du commissaire européen, a quant à lui affirmé qu'en l'absence de cette mesure sur les visas, Ankara cesserait d'appliquer l'accord sur les migrants.
A l'issue d'un entretien avec le président du Parlement européen, Martin Schulz, reçu lui aussi à Ankara, le Premier ministre turc, Binali Yildirim, a, pour sa part, répété qu'il n'était pas question de réformer la législation antiterroriste. « Nous avons dit clairement à l'UE : dans les conditions actuelles, nous ne pouvons pas amender nos lois antiterroristes. C'est une question de vie ou de mort pour nous », a affirmé M. Yildirim lors d'une conférence de presse conjointe avec M. Schulz. « Tout recul dans notre combat contre le terrorisme est hors de question en raison des circonstances auxquelles nous faisons face », a-t-il ajouté, en référence aux multiples attaques menées en Turquie ces derniers mois, imputées au groupe État islamique (EI) et aux milices kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Son interlocuteur a, quant à lui, estimé que les divergences sur ce point n'entraîneraient pas forcément l'échec de l'accord sur l'exemption de visas.
(Sources : agences)

