Amnesty International a dénoncé jeudi une répression "accrue" des dissidents chiites à Bahreïn, notamment depuis le retrait de sa nationalité en juin au chef spirituel de la majorité chiite, cheikh Issa Qassem.
"Les autorités bahreïnies doivent cesser immédiatement leur répression accrue contre les critiques et les opposants pacifiques", écrit l'organisation de défense des droits de l'Homme dans un communiqué. Elle ajoute que de nombreux manifestants et au moins 60 dignitaires chiites ont été convoqués ou arrêtés par les autorités pour liens avec un sit-in de protestation contre le retrait de nationalité de cheikh Issa, observé à Diraz, près de Manama.
Quatre de ces dignitaires ont été condamnés à des peines allant de 1 à 2 ans de prison alors que neuf autres ont été placés en détention en attendant leur procès, précise Amnesty, indiquant que plusieurs militants des droits de l'Homme avaient été également empêchés ces dernières semaines de quitter Bahreïn.
Un groupe d'oulémas chiites ont dénoncé jeudi ces condamnations "injustes", dans un communiqué publié au lendemain du verdict rendu dans le procès de cheikh Majid al-Mishaal, l'un des quatre dignitaires, qui a écopé de 2 ans de prison pour "rassemblement non autorisé" et "incitation à la désobéissance à la police".
Cheikh Issa, 75 ans, chef spirituel de la majorité chiite et critique du pouvoir sunnite à Bahreïn, est poursuivi en justice pour "collecte illégale de fonds" et "blanchiment". Il a été déchu le 20 juin de sa nationalité, le ministère de l'Intérieur l'accusant d'"encourager le confessionnalisme" et de "servir des intérêts étrangers", en allusion à l'Iran. Cette mesure avait été critiquée par les alliés occidentaux de Bahreïn, tout comme par l'Iran.
Bahreïn est le théâtre de troubles sporadiques depuis la répression d'un mouvement de contestation lancé en février 2011 dans la foulée du Printemps arabe. Le principal groupe de l'opposition chiite, le mouvement Al-Wefaq, principal animateur de la contestation, a été dissous le 17 juillet par la justice.
Son chef, cheikh Ali Salmane, purge actuellement une lourde peine de prison pour complot contre le régime et incitation à la désobéissance.
En outre, au moins 316 Bahreïnis ont été déchus "arbitrairement" de leur nationalité depuis 2012 sous des accusations liées au terrorisme et à la sécurité, selon Amnesty.
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Bahreïn : Amnesty dénonce une répression "accrue" des dissidents chiites
AFP / le 01 septembre 2016 à 17h04

