Le Parlement grec a voté jeudi un nouvel amendement visant à résoudre "les problèmes techniques et bureaucratiques" empêchant la construction d'une mosquée à Athènes, la première de la capitale, un projet qui traîne depuis 2000. L'amendement a été voté par 206 députés sur les 300 du Parlement.
Imputant les retards pris dans ce projet à des problèmes "administratifs", le ministre de l'Education et des Cultes Nikos Filis a souligné la nécessité pour "la cohésion sociale" de construire une mosquée à Athènes, où vivent près de "200.000 musulmans", un nombre qui devrait augmenter après l'afflux migratoire de l'année dernière.
Avec un budget de 946.000 euros, la mosquée, d'une superficie d'environ 500 m2, sera construite dans le quartier d'Eleonas, près du centre. Il s'agira de la première mosquée officielle construite à Athènes, une des rares capitales européennes dépourvues d'un tel lieu de culte.
Au moins trois lois émanant de différents gouvernements ont été votées depuis l'annonce de ce projet en 2000. Il a fallu cinq appels d'offres pour arriver finalement à l'attribution du projet en 2013, en raison de l'opposition des habitants du quartier, et des protestations de mouvements d'extrême droite tels que les néonazis d'Aube dorée.
Du fait de l'augmentation du nombre d'immigrés du Pakistan ou d'autres pays musulmans, de nombreuses mosquées non-officielles fonctionnent dans des locaux délabrés du centre-ville d'Athènes.
Le ministre a indiqué aussi que des autorisations avaient été attribuées pour quatre autres mosquées à travers le pays, qui fonctionnaient jusqu'ici clandestinement. "Ces mosquées ne sont pas nouvelles, elles fonctionnaient depuis plusieurs années mais nous avons réussi à les légaliser", s'est félicité M. Filis.
Les seules mosquées officielles de Grèce sont situées en Thrace (nord-est), où vit une minorité musulmane de souche turque. Le petit parti souverainiste des Grecs indépendants, Anel, qui participe à la coalition gouvernementale avec le parti de gauche Syriza du Premier ministre Alexis Tsipras, a voté contre ce projet.
Anel, étonnant partenaire gouvernemental de Syriza, s'autorise régulièrement à voter contre des réformes sociétales, avec l'assentiment tacite de M. Tsipras car ce genre de lois parvient généralement à passer grâce à des voix d'opposition.
En revanche, la dizaine de députés d'Anel sont systématiquement fidèles au rendez-vous pour le vote des difficiles réformes sociales et économiques exigées par les créanciers du pays. Syriza et Anel réunis n'ont qu'une courte majorité de 153 députés sur 300.
Imputant les retards pris dans ce projet à des problèmes "administratifs", le ministre de l'Education et des Cultes Nikos Filis a souligné la nécessité pour "la cohésion sociale" de construire une mosquée à Athènes, où vivent près de "200.000 musulmans", un nombre qui devrait augmenter après l'afflux migratoire de l'année dernière.
Avec un budget de 946.000 euros, la mosquée, d'une superficie d'environ 500 m2, sera construite dans le quartier d'Eleonas, près du centre. Il s'agira de la première mosquée officielle...

