Et voilà !
La comédie qui se joue depuis quelques mois déjà entre les enseignants et l'État vient de se terminer. Depuis quelques mois, le soufflé des revendications salariales montait et montait au point de menacer d'exploser et d'imploser l'État. Et tout à coup, pffffft ! À la manière d'un soufflé, le premier acte retombe platement et sans aucune gloire.
Sur scène, un ministre qui, en quelques mois à peine, a réussi à se rallier la sympathie et l'adhésion de beaucoup – ce qui n'est pas une mince affaire dans ce pays... Ce ministre a tenu bon jusqu'au bout. Pour lui, l'avenir des élèves transcende toutes les considérations et toutes les manœuvres bassement politiciennes. Tout en caressant le syndicat dans le sens du poil (période électorale oblige), il a réussi son coup. Tout en perdant quelques plumes.
Devant le petit bénéfice réalisé, la mère que je suis lui tire son chapeau. La mère que je suis le remercie aussi d'avoir montré à cette nouvelle génération dont il a la charge qu'on peut faire de la politique en étant calme, pondéré, souriant et respectueux de son interlocuteur. Si le changement et la réforme passaient plus souvent par des gens comme lui, j'en redemanderais.
De l'autre côté, un syndicat qui, depuis des mois, mène ce qui reste de notre république en bateau. Tout en reconnaissant la justesse de leurs revendications, on ne peut s'empêcher de se demander dans quel monde ces gens-là vivent. La légèreté avec laquelle ils ont mené leur combat est proprement ahurissante. Dans un pays dont l'économie est au bord du naufrage, ils ont bloqué non seulement l'État, mais aussi toutes les autres composantes du pays, les petites et les moyennes qui luttent au quotidien et avec les moyens de bord pour que ce pays moribond ne rende pas l'âme. Sans la moindre opposition. Ce qui les conforte dans la fausse illusion qu'ils ont l'appui du peuple.
Et dans tout ce carnaval, il y a les élèves. Eh oui, ceux-là, on les a oubliés. Ils ont travaillé toute l'année dans une atmosphère déprimante et morose. Ils ont subi les sautes d'humeur des uns et des autres. Ceux du public ont passé plus de temps à la maison que dans les salles de classe. Ensuite, la correction des épreuves n'étant pas assurée, la rentrée universitaire est donc hypothéquée.
Mais de cela, qui se soucie ? Apparemment pas les professeurs qui les ont éduqués, les ont menés tranquillement et dans des conditions difficiles jusqu'aux classes terminales et qui viennent de déclarer que là se termine leur sacerdoce, et qu'il est temps pour eux de passer aux choses sérieuses et d'assurer leur avenir et leur retraite. Dans un pays ruiné.
Et puis, il y a nous. Les parents d'élèves. Inévitablement, nous allons payer l'addition. Mais nous nous tairons. Parce que nous n'aurons pas le choix. Parce que, pour eux et leur avenir, nous rognerons sur tout le reste. Nous additionnerons les heures et multiplierons les emplois. Pour eux.
Pour qu'ils partent un jour. Loin. Ailleurs. Là où leur vie a de la valeur à défaut d'avoir du goût.
La comédie qui se joue depuis quelques mois déjà entre les enseignants et l'État vient de se terminer. Depuis quelques mois, le soufflé des revendications salariales montait et montait au point de menacer d'exploser et d'imploser l'État. Et tout à coup, pffffft ! À la manière d'un soufflé, le premier acte retombe platement et sans aucune gloire.Sur scène, un ministre qui, en quelques mois à peine, a réussi à se rallier la sympathie et l'adhésion de beaucoup – ce qui n'est pas une mince affaire dans ce pays... Ce ministre a tenu bon jusqu'au bout. Pour lui, l'avenir des élèves transcende toutes les considérations et toutes les manœuvres bassement politiciennes. Tout en caressant le syndicat dans le sens du poil (période électorale oblige), il a réussi son coup. Tout en perdant quelques plumes.Devant le...


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L'ABRUTISSEMENT NE DOIT PAS PASSER !
15 h 42, le 16 juillet 2014