Ce n'est pas que la violence conjugale ou domestique vient d'être inventée, mais ces derniers jours, cela ressemble à une épidémie. Le Libanais serait-il un tueur d'épouses ? L'une après l'autre, elles tombent sans recours ni secours. Battues, cognées avec les objets les plus improbables (un autocuiseur ?!), empoisonnées, parfois sous les yeux des enfants. La brutalisation des femmes n'est pas un phénomène nouveau en Orient. Pour des raisons pas si mystérieuses (poids des traditions et des interdits, coût des mariages et des dots, conflits entre belles-familles, difficultés économiques, propension des hommes à attendre de l'épouse l'abnégation et l'idolâtrie de leurs propres mères, à prouver leur virilité et leur autorité par la supériorité de leur force physique, à placer leur fierté en des lieux incongrus, etc.), l'Oriental rêve des vierges du paradis mais il a du mal avec celles qu'il déflore ici-bas. Il est plus qu'urgent, même si pour certaines il est trop tard, que ce projet de loi contre la violence « intime » sorte des tiroirs et soit voté à l'unanimité et sans réserve. Pour l'amour de nos enfants et pour que cesse, à toutes les échelles, la violence contre les plus faibles, soyons présents en masse le 8 mars prochain au Musée. Voilà, l'appel est relayé.
Car au-delà du cercle privé et familial, si l'on s'interroge en profondeur sur cette absurde cruauté domestique, on découvre bien vite qu'elle est indissociable de la violence ambiante, de l'atmosphère de plus en plus délétère qui prévaut au Liban et dans la région, du cumul désolant de crimes impunis, de la guerre et du terrorisme à côté desquels un assassinat, qui plus est conjugal, est moins qu'un fait divers.
Amnesty a publié sur son site les « signaux d'alarme » annonciateurs d'un cycle de violence dans la cellule familiale. Remplacez « Il » (le conjoint) par certains chefs de milices ou de partis, et autres chefs de ce dont ils se sont proclamés chefs, sans compter les bienveillants États voisins :
« Il adopte des attitudes menaçantes. Il vous force à prendre des décisions contre votre gré. Il prend des décisions importantes sans vous consulter. Il ment. Il ne respecte pas ce qui a été décidé. Il n'assume pas sa part de responsabilité. Il nie ou minimise ses actes violents. Il menace de dire ou de faire des choses qui auraient des conséquences fâcheuses. Il contrôle vos appels téléphoniques. Vous devez avoir son autorisation pour vous rendre dans certains endroits, il vous en interdit d'autres. Il profère des menaces contre vous ou d'autres personnes. Il vous surveille. Il utilise sa supériorité physique pour vous faire peur. Il utilise des armes ou en porte constamment sur lui. »
Ainsi de suite. Ces signaux nous concernent tous, aussi heureuse et harmonieuse que soit notre vie de famille. Parce qu'ils caractérisent le climat dans lequel nous baignons, la paralysie des institutions, les déchirements, les bras de fer incessants dont nous sommes les otages. Parce qu'ils font de nous des enfants « mal nés », infréquentables, munis de ce malheureux passeport frappé d'opprobre que les consulats gratifient presque à contrecœur de visas essoufflés. Peut-on divorcer de son pays, de son siècle ?
Tant de haine
OLJ / Par Fifi ABOU DIB, le 20 février 2014 à 00h00


Bahreïn soutient Joseph Aoun et rejette toute ingérence étrangère au Liban
NE LES APPELEZ PAS DES LIBANAIS S.V.P. MADAME, MAIS DES MONSTRES... "W7OUCH" !
14 h 46, le 20 février 2014