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Nos lecteurs ont la parole

II.- Le Liban, terrain d’affrontement ou espace de réconciliation entre Orient et Occident ?

Marie-Laure STURM, Allaoui ABDELLAOUI, Christiane et Michel ROUFFET, Francine et Jean-Luc CRETTOL
Les richesses du Liban, pays de marchands souvent opulents, n’ont, quant à elles, pas étouffé leur sens de l’hospitalité, ni leur spiritualité, dont la vitalité et le rayonnement nous ont tous profondément marqués. Quelle est donc la clef de cette possible compatibilité, de cet art de concilier les paradoxes et les différences ?
Un art tenant à la nature du Liban, terre sainte, jouxtant la Galilée de Jésus, perchée sur ses montagnes, entre ciel et mer ? Un art résultant de toutes les cultures qui ont foulé, labouré et ensemencé son sol, de la plus haute Antiquité à nos jours, en passant par l’éclosion de l’écriture, du premier journal du Moyen-Orient et des cercles littéraires qui avaient inspiré le concept du dialogue des cultures à un Denis de Rougemont (voir L’Orient-Le Jour du mercredi 4 septembre 2013) ?
Cette terre de contrastes, de commerce, de culture et de foi, fermement ancrée dans ses montagnes et néanmoins ouverte par la Méditerranée sur le vaste monde, pont entre Orient et Occident, avait su trouver un équilibre paradoxal entre enracinement familial et communautaire et diversité de ses communautés, qui ont su cohabiter et vivre ensemble sur son sol, jusqu’à ce que les guerres entre Israéliens et Palestiniens ne viennent rompre son équilibre.
Des guerres qui dépassent en fait le cadre du Moyen-Orient, résultant d’affrontements impérialistes planétaires dans un monde en crise, au bord de l’implosion sinon de l’explosion, dont les convulsions se focalisent précisément autour de cette terre du Liban. Comment préserver cette petite graine de convivialité, de prospérité, de stabilité, d’humanité, de paix ? Comment lui permettre d’éclore en un arbre de vie, à l’image de ses cèdres séculaires, essentiel non seulement pour le Liban, mais également sinon encore plus pour le reste du monde ?
Les pays arabes sont assurément malades. Mais leurs printemps, même mal barrés et encore chaotiques, sont le signe d’une vitalité prometteuse. L’Occident n’est-il pas, en fait, atteint d’une maladie bien plus grave encore ? Crises financières, destruction des équilibres de la sociale démocratie – construits au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, pour éviter d’y sombrer à nouveau... –, chômage, appauvrissement de couches toujours plus larges de la société, enrichissement démesuré d’une infime minorité, déshumanisation des rapports économiques et sociaux, impuissance du politique, autant de « dérèglements du monde » pour reprendre le titre d’un livre d’Amin Maalouf, entraînant indignation, révoltes et violences, ainsi que la montée des extrémismes, qu’ils soient révolutionnaires ou, pire encore, sécuritaires, xénophobes, anti-islamistes... Autant de fléaux confluant vers une fuite en avant meurtrière. Le risque de guerre ne vient pas d’où l’on nous dit ! Cette répétition de l’histoire est-elle donc inéluctable ? Est-il encore possible de conjurer ce risque en réconciliant les vertus de l’Orient et l’Occident à partir du Liban, qui avait si bien appris à les concilier ? Cette terre, déjà minée par des attentats qui la conduisent au bord du gouffre, résiste encore étonnement aux courants guerriers qui la cernent de toutes parts. Le courage exemplaire de ses habitants, leur force sinon leur joie de vivre, leur gaîté – voilant le désespoir inspiré par leurs dirigeants – et le sens de la débrouillardise leur permettent pour l’instant de survire... Pour combien de temps encore ?
Qu’attendons-nous pour les aider à vivre, à résister, afin de sauver le Liban de la guerre ? Qu’attendons-nous pour aller écouter tout ce que sa grande majorité silencieuse – qui parle cependant très ouvertement lorsque l’on va à sa rencontre – peut nous apprendre, pour nous libérer petit à petit de nos fléaux occidentaux ? Qu’attendons-nous pour œuvrer réellement pour la paix, sur leur terrain, mais aussi et surtout au sein de nos propres pays occidentaux, où nous avons encore plus besoin de réapprendre à vivre ensemble, à cultiver des relations véritablement humaines, empreintes de respect, de clairvoyance, de tendresse, à cultiver en bref une humanité intérieure pleine et entière, allant bien au-delà du simple respect des droits de l’être humain ? Chacun est attendu ici et maintenant, là où il se trouve, pour cette reconstruction. Sa pierre sera bienvenue, quels que soient sa taille et son poids ! Paix, salam à tous.

Marie-Laure STURM, Allaoui ABDELLAOUI, Christiane et Michel ROUFFET, Francine et Jean-Luc CRETTOL
Reconstruire-Ensemble – Suisse
Les richesses du Liban, pays de marchands souvent opulents, n’ont, quant à elles, pas étouffé leur sens de l’hospitalité, ni leur spiritualité, dont la vitalité et le rayonnement nous ont tous profondément marqués. Quelle est donc la clef de cette possible compatibilité, de cet art de concilier les paradoxes et les différences ? Un art tenant à la nature du Liban, terre sainte, jouxtant la Galilée de Jésus, perchée sur ses montagnes, entre ciel et mer ? Un art résultant de toutes les cultures qui ont foulé, labouré et ensemencé son sol, de la plus haute Antiquité à nos jours, en passant par l’éclosion de l’écriture, du premier journal du Moyen-Orient et des cercles littéraires qui avaient inspiré le concept du dialogue des cultures à un Denis de Rougemont (voir L’Orient-Le Jour du mercredi 4 septembre...
commentaires (1)

J'ai ete tres emue par votre article concernant le Liban et les Libanais. Merci de penser a nous! Avez-vous un site internet? Si oui, priere de le publier, si L'Orient-Le Jour le permet bien sur!

Michele Aoun

18 h 31, le 05 septembre 2013

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Commentaires (1)

  • J'ai ete tres emue par votre article concernant le Liban et les Libanais. Merci de penser a nous! Avez-vous un site internet? Si oui, priere de le publier, si L'Orient-Le Jour le permet bien sur!

    Michele Aoun

    18 h 31, le 05 septembre 2013

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