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Egypte: un ex-responsable jugé pour ses propos sur la corruption

L'ancien président de l'organisme égyptien de contrôle des comptes publics, Hicham Geneina, sera jugé à partir de mardi pour "diffusion de fausses informations" au sujet de l'étendue de la corruption au sein de l'Etat, ont indiqué vendredi des sources judiciaires.

Le magistrat a été démis de ses fonctions en mars par le président Abdel Fattah al-Sissi à l'issue de plusieurs mois de polémique: il avait chiffré à 600 milliards de livres égyptiennes (près de 60 milliards d'euros) le coût de la corruption publique de 2012 à 2015.

M. Geneina a été remis en liberté vendredi, après avoir payé une caution de près de 1.000 euros, ont indiqué à l'AFP son avocat Ali Taha et une source judiciaire.
Il est accusé de "diffusion de fausses informations et de rumeurs, dans le but de nuire à l'intérêt public" et son procès débutera mardi, ont précisé ces sources.

Jeudi, M. Geneina avait refusé de payer la caution, estimant que cela "reviendrait à accepter les accusations falsifiées" contre lui. Mais ses proches l'ont payée pour lui vendredi, "afin qu'il puisse aller à l'hôpital voir sa fille", victime d'une "crise de nerfs" en apprenant la nouvelle, a précisé l'avocat.

Un quotidien égyptien avait cité M. Geneina expliquant que le chiffre concernait la seule année 2015. Son organisme avait alors indiqué que les propos du magistrat avaient été mal cités, et que ce chiffre était le fruit d'une étude couvrant la période allant de 2012 à 2015.

Dans un communiqué vendredi soir, le parquet a estimé que les déclarations de M. Geneina "exagéraient le montant de la corruption" et qu'il avait attribué ce chiffre à "l'année 2015 seulement bien que l'étude concernait également la période 2008-2012 ainsi que des années précédentes", pointant du doigt "des méthodes de calcul sans fondements, qui ont conduit à l'exagération des montants avancés".

Le parquet interdit également à la presse de publier toute information concernant l'affaire jusqu'à l'ouverture du procès.

Après les déclarations de M. Geneina en décembre, M. Sissi avait réclamé une enquête avant de décider en mars de démettre le magistrat de ses fonctions en estimant que le chiffre qu'il avait évoqué était exagéré.

La corruption est omniprésente en Egypte qui se place au 94e rang mondial sur 175 pays, selon le classement annuel des niveaux de corruption de l'ONG Transparency International.
M. Geneina avait été nommé à son poste par le président islamiste Mohamed Morsi renversé en 2013 par M. Sissi, alors chef de l'armée.

Le président Sissi dirige le pays d'une main de fer, réprimant implacablement toute opposition. A plusieurs reprises, il a souligné la nécessité de lutter contre la corruption.

L'ancien président de l'organisme égyptien de contrôle des comptes publics, Hicham Geneina, sera jugé à partir de mardi pour "diffusion de fausses informations" au sujet de l'étendue de la corruption au sein de l'Etat, ont indiqué vendredi des sources judiciaires.
Le magistrat a été démis de ses fonctions en mars par le président Abdel Fattah al-Sissi à l'issue de plusieurs mois de polémique: il avait chiffré à 600 milliards de livres égyptiennes (près de 60 milliards d'euros) le coût de la corruption publique de 2012 à 2015.
M. Geneina a été remis en liberté vendredi, après avoir payé une caution de près de 1.000 euros, ont indiqué à l'AFP son avocat Ali Taha et une source judiciaire.Il est accusé de "diffusion de fausses informations et de rumeurs, dans le but de nuire à l'intérêt public" et son procès...