Les mesures de rétorsion économiques contre la Turquie prises après le crash d'un bombardier Su-24 abattu par l'aviation turque coûteront de 0,2 à 0,5 point d'inflation à l'économie russe, a annoncé mercredi le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev.
"Nous avons estimé ce que cela peut représenter. Selon les experts, cela représentera de 0,2 à 0,5% d'inflation, ce n'est pas beaucoup", a déclaré Dmitri Medvedev, qui s'exprimait à la télévision russe.
Le Premier ministre russe a ajouté que la quantité de produits turcs importés par la Russie était "peu importante", raison pour laquelle l'impact de ces sanctions sur l'économie serait "limité".
L'embargo que la Russie compte imposer à la Turquie sera limité aux fruits et légumes, les autorités russes voulant éviter de renforcer l'inflation alors que celle-ci a atteint 15% en novembre, très au delà des objectifs du gouvernement.
La Russie impose déjà un embargo sur les produits agricoles et alimentaires des pays qui la sanctionnent en raison de son rôle dans la crise ukrainienne, notamment l'Union européenne. Cette mesure, en plus de la chute du rouble, a déjà conduit à une envolée des prix alimentaires.
Dmitri Medvedev a promis que l'Etat russe surveillerait de près les fournisseurs de produits alimentaires, l'embargo étant "toujours une bonne excuse pour augmenter les prix".
"L'embargo ne rentrera en vigueur que le 1er janvier. Si les prix augmentent d'ici-là, ça sera seulement en raison d'une entente sur les prix", a-t-il ajouté.
Dmitri Medvedev a précisé espérer que l'inflation pour l'année 2016 ne dépasse pas 6,4%.
Lundi, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) avait estimé que l'impact des sanctions russes sur sa propre économie devrait rester "limitée", sauf si ses exportations d'énergie venaient à être affectées.
La croissance turque pourrait en revanche être amputée de 0,7 point en 2016, un impact "non négligeable mais pas majeur pour le PIB de la Turquie" selon la Berd.
La Turquie et la Russie traversent une crise diplomatique majeure depuis la destruction du bombardier russe le 24 novembre.
Furieuse, la Russie a pris un large nombre de mesures de rétorsions contre Ankara, couvrant un large spectre allant de restrictions commerciales aux interdictions d'embauches de travailleurs turcs ou au rétablissement du régime des visas pour les Turcs.
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Les sanctions contre la Turquie coûteront au maximum 0,5% d'inflation à la Russie (Medvedev)
AFP / le 09 décembre 2015 à 13h59


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