Les forces de sécurité irakiennes ont ouvert une enquête sur l'attaque à la roquette menée la veille contre un camp de l'opposition iranienne en exil à Bagdad, qui a fait plus de 20 morts selon le groupe d'opposition, a indiqué vendredi un porte-parole.
Selon des sources au sein des services de sécurité, au moins 15 roquettes ont été tirées jeudi autour et sur le camp Liberty, situé près de l'aéroport de Bagdad.
Le camp est une ancienne base américaine qui accueille depuis 2011 des centaines de membres des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI), un groupe d'opposition en exil depuis la révolution islamique de 1979.
"L'enquête est en cours", a affirmé le porte-parole du commandement conjoint des opérations, Yahya Rasoul.
L'attaque a vivement été condamnée par les Nations unies et Washington.
Selon l'OMPI, 80 roquettes ont été tirées, tuant 23 de ses membres, la pire attaque depuis leur installation dans le camp lors du retrait des troupes américaines d'Irak en 2011.
Le nombre de victimes n'a pu être vérifié de sources indépendantes, M. Rasoul ayant seulement confirmé que deux membres des forces de sécurité irakiennes ont été blessés par les tirs de roquettes.
Un responsable à l'hôpital de Yarmouk à Bagdad a fait état d'un bilan de trois morts et 18 blessés parmi les membres des Moudjahidine du peuple.
Selon M. Rasoul, le camp n'était pas nécessairement la seule cible de l'attaque. "Les roquettes ont frappé des zones autour de Liberty, qui n'était pas le seul endroit ciblé", a-t-il dit.
"Les personnes à l'origine de ces attaques sont des criminels terroristes qui cherchent à déstabiliser le pays", a-t-il indiqué, sans nommer de groupe ou de pays.
Les Moudjahidine, eux, affirment que les roquettes utilisées dans l'attaque sont des Katyoucha et des roquettes appelées Falaq qui sont produites en Iran.
Fondés en 1965 avec pour objectif de renverser le Chah puis le régime islamique, les Moudjahidine du peuple ont été chassés d'Iran dans les années 1980 et se sont notamment installés en Irak. Ils avaient soutenu l'Irak de Saddam Hussein lors de la guerre Iran-Irak dans les années 1980.
Mais après l'invasion américaine de l'Irak en 2003, le nouveau pouvoir, en majorité chiite, s'est rapproché de Téhéran et juge la présence de l'opposition iranienne en exil encombrante.
"Les Etats-Unis condamnent avec fermeté l'attaque brutale et insensée du camp Hurriya", a indiqué le secrétaire d'Etat américain John Kerry dans un communiqué, utilisant le nom arabe du camp.
"Quelles que soient les circonstances, nous restons déterminés à assister le Haut-commissariat (de l'ONU pour les réfugiés) pour transférer les habitants du camp vers un endroit permanent et sûr en dehors de l'Irak", a-t-il assuré.
"C'est un acte déplorable, et je suis très préoccupé par le préjudice infligé à ceux qui vivaient dans le camp Liberty", a de son côté déclaré le Haut-commissaire pour les réfugiés Antonio Guterres.
"Tous les efforts doivent continuer à être faits pour (soigner) les blessés et identifier (...) les responsables", a-t-il ajouté.
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Bagdad enquête sur l'attaque contre un camp de l'opposition iranienne
AFP / le 30 octobre 2015 à 15h24


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