Au moins 11 civils, dont trois enfants, ont été tués mercredi soir par un baril d'explosifs largué par l'armée sur leurs maisons dans un secteur rebelle d'Alep, nord de la Syrie, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Les attaques répétées du régime comme de la rébellion sur les populations civiles se sont intensifiés ces derniers jours à Alep, suscitant la condamnation dans "les termes les plus forts" de l'Unicef.
"Le baril d'explosifs a provoqué l'effondrement de quatre immeubles sur leurs habitants dans le quartier de Saad al-Ansari", dans l'ouest d'Alep, deuxième ville de Syrie, a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.
Parmi les victimes figurent trois enfants et deux femmes. "Il y a trois morts d'une même famille et quatre d'une autre", précise M. Abdel Rahmane, dont l'ONG dispose d'un large réseau de sources à travers la Syrie. "Les opérations de secours ont pris du retard car il s'agit d'un quartier populaire aux rues étroites et il y avait une coupure d'électricité", a-t-il précisé.
D'après lui, neuf personnes, dont au moins deux enfants, sont restées cinq heures ensevelies sous les décombres avant d'être secourues. "Parmi les dizaines de blessés, certains ont perdu des membres", a encore ajouté M. Abdel Rahmane.
Alep, autrefois capitale économique de Syrie, est divisée depuis juillet 2012 entre régime (est) et insurgés (ouest). Selon l'OSDH et d'autres ONG, le régime de Bachar el-Assad bombarde quotidiennement les zones tenues par les rebelles dans la ville et sa province avec des barils d'explosifs et parfois des missiles, qui font des milliers de morts et des dégâts considérables.
De leur côté, les insurgés lancent des roquettes et tirent des obus sur les zones contrôlées par le régime, faisant des centaines de victimes. Mardi, au moins 38 personnes, dont 14 enfants, ont été tuées et 150 autres ont été blessés par des tirs des rebelles sur un quartier tenu par les forces gouvernementales, soit un des bilans les plus lourds d'un bombardement rebelle dans la métropole.
L'Unicef a condamné dans "les termes les plus forts" ces tirs au mortier sur la population civile à Alep qui selon l'organisation ont tué 19 enfants dont six "dans des espaces conviviaux" pris en charge par l'Unicef.
Dans un communiqué, la représentante de l'Unicef en Syrie, Hanna Singer, dénonce "une attaque répréhensible qui montre que le simple fait de jouer représente un grave danger pour les enfants en Syrie" et que "les enfants ne sont nulle part en sécurité en Syrie". "Tous les civils, y compris les enfants, doivent être protégés en tout temps", a-t-elle affirmé.
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Syrie: 11 civils tués par un raid du régime à Alep
AFP / le 17 septembre 2015 à 11h51


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