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Le Qatar espère abolir la "Kafala", un système de parrainage controversé

AFP
04/05/2015

Le ministre qatari du Travail a exprimé lundi l'espoir d'une abolition avant la fin de l'année de la "Kafala", un système de parrainage local qui fait des salariés des quasi propriétés de leur employeur, dénoncé par certains comme de l'esclavage moderne.

Abdallah Saleh Moubarak al-Khlifi, en charge du Travail et des Affaires sociales, a dit devant des journalistes à Doha être sûr "à 90%" que ce système serait aboli et remplacé par un autre dans les sept prochains mois. "Est-ce que je pense que cela sera positif?" a-t-il dit. "Oui, je le pense. Parce qu'au final, c'est bon pour l'économie, c'est bon pour le pays".

Le système très controversé de la "Kafala", dénoncé par plusieurs ONG de défense des droits de l'Homme, met les travailleurs immigrés à la merci de leurs employeurs, les empêchant potentiellement de quitter le pays ou de changer d'emploi. Ce système a été mis sous le feu des projecteurs par l'attribution au Qatar de la coupe du monde de football 2022. L'abolir serait la plus importante réforme du droit du travail jamais opérée dans ce petit riche émirat gazier du Golfe.

Doha affirme qu'il sera remplacé par un système fondé sur des contrats de travail, qui auront une durée maximum de cinq ans. Et pour sortir du pays, les travailleurs auront à prévenir les autorités au maximum 72 heures à l'avance. Selon le ministre, le Qatar mettra également en oeuvre avant la mi-août une grande réforme des salaires, qui seront désormais versés aux centaines de milliers de travailleurs étrangers via un système de paiement électronique. Ces derniers seront ainsi assurés d'être payés au moins une fois par mois, et dans certains cas, tous les 15 jours. Le non-paiement des salaires de manière régulière avait suscité de nombreuses critiques parmi les syndicats internationaux et ONG internationales. Certaines voix se sont déjà élevées pour dire que critiquer ces réformes envisagées.

Mustafa Qadri, chargé des recherches sur les migrants dans le Golfe pour Amnesty international, a souhaité de plus amples réformes. "C'est une autre forme de Kafala, avec un nom différent", a-t-il dénoncé, "avec moins de restrictions, c'est vrai, mais avec toujours beaucoup de problèmes". M. Qadri a ajouté que les contrats de travail proposés et les nouvelles modalités de sortie du territoire proposées maintiendraient "une situation de travail forcé, parce que les employeurs auraient toujours le pouvoir sur les employés".

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