Les dirigeants politiques népalais se retrouvent jeudi pour tenter de s'entendre sur la rédaction d'une Constitution avant le dernier délai fixé à minuit mais la colère gronde au sein de la population, frustrée du peu de progrès enregistrés.
Les principaux partis sont en désaccord sur des points cruciaux du texte et devraient donc échouer à s'entendre sur un texte, ce qui risque d'accroître le ressentiment envers la classe politique. Les analystes craignent des troubles dans le pays si l'impasse persiste. Environ 1 000 policiers ont été déployés autour du siège de l'Assemblée constituante pour prévenir d'éventuelles violences.
"Nous attendons depuis tant d'années, nous sommes fatigués de ces dirigeants", estime Niraj Shrestha, commerçant de 39 ans. "Si nos parlementaires le veulent, ils peuvent rédiger la constitution en 24 heures mais je ne pensent pas que 24 années changeront leur façon de fonctionner", ajoute-t-il.
La rédaction de cette Constitution doit conclure le processus de paix lancé en 2006 lorsque la guérilla maoïste a mis fin à des décennies de conflit qui a fait 16 000 morts et est entrée en politique. Six premiers ministres et deux élections après, les dissensions entre les partis au pouvoir et l'opposition maoïste se sont accrues, paralysant les efforts sur la Constitution. L'un des points de désaccord majeur touche le découpage de nouvelles provinces, l'opposition voulant favoriser les communautés historiquement défavorisées, ce que rejettent les autres partis.
Les partis au pouvoir détiennent les deux tiers des sièges nécessaires pour l'adoption d'une nouvelle Constitution. Mais les maoïstes ont mis en garde contre l'émergence d'un nouveau conflit si leurs demandes ne sont pas prises en compte.
Les représentants du Nepali Congress, parti au pouvoir, ont assuré qu'ils entendaient soumettre un texte au vote ce jeudi. Les analystes estiment qu'un texte approuvé à minima serait dommageable au pays. "Une constitution obtenue sur un consensus minimal n'aura pas de succès", estime Lok Raj Baral, qui dirige le Nepal Centre for Contemporary Studies. "Les deux camps doivent réaliser que seule une formule de compromis permettra de s'en sortir", ajoute-t-il.
L'instabilité politique pèse sur le climat économique, la croissance ayant reculé de 6,1% en 2008 à 3,6% en 2013, selon la Banque mondiale.
Des tensions sociales sont récemment apparues, la police ayant arrêté la semaine passée plus de 70 personnes qui forçaient des commerçants à fermer leur boutique lors d'une grève à Katmandou lancée par les maoïstes.
Les principaux partis sont en désaccord sur des points cruciaux du texte et devraient donc échouer à s'entendre sur un texte, ce qui risque d'accroître le ressentiment envers la classe politique. Les analystes craignent des troubles dans le pays si l'impasse persiste. Environ 1 000 policiers ont été déployés autour du siège de l'Assemblée constituante pour prévenir d'éventuelles violences.
"Nous attendons depuis tant d'années, nous sommes fatigués de ces dirigeants", estime Niraj Shrestha, commerçant de 39 ans. "Si nos parlementaires le veulent, ils peuvent rédiger la...


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