Le nouveau président afghan Ashraf Ghani s'est dit "outré" mercredi à la lecture du rapport du Sénat américain sur la torture, dénonçant des "actes inhumains" perpétrés par des responsables du renseignement américain qui ont ainsi initié "un cercle vicieux" de la violence.
"J'ai lu le rapport, tout le rapport depuis qu'il a été mis en ligne hier. Et j'ai été outré en le lisant... Le gouvernement afghan condamne vivement ces actes inhumains", a déclaré lors d'une conférence de presse à Kaboul M. Ghani, qui a succédé fin septembre à Hamid Karzaï, qui dirigeait le pays depuis la chute des talibans, chassés du pouvoir par une coalition international dans la foulée du 11-Septembre.
La CIA a soumis des dizaines de détenus liés à el-Qaëda à des interrogatoires violents mais inefficaces après le 11-Septembre, a conclu mardi un rapport accablant du Sénat américain, suscitant des condamnations à travers le monde jusqu'à des demandes de poursuites judiciaires.
Les sénateurs démocrates de la commission du Renseignement ont publié un rapport d'enquête détaillé sur le programme secret de la CIA pour capturer et interroger, hors cadre judiciaire, des hommes soupçonnés de liens avec el-Qaëda.
La CIA a immédiatement contesté les conclusions du rapport, rédigé de 2009 à 2012 et dont une version expurgée de 525 pages, avec 2 725 notes de bas de page, a été déclassifiée.
Le rapport décrit comment les détenus ont été attachés pendant des jours dans le noir, projetés contre les murs, plongés dans des bains glacés, privés de sommeil pendant une semaine, frappés, psychologiquement harcelés. Un détenu a été menacé d'une perceuse. Au moins cinq ont subi des "réhydratations rectales" forcées et, dans un cas, de la nourriture a été administrée par voie rectale.
"C'est un cercle vicieux. Lorsqu'une personne est torturée de façon inhumaine, sa réaction risque d'être inhumaine. Un cycle vicieux d'actions et de réactions est ainsi créé", a estimé M. Ghani, un intellectuel de carrière. "Malheureusement, montre que ce rapport montre que certains de nos concitoyens ont été l'objet de tortures et que leurs droits ont été violés, mais nous ne connaissons pas leur nombre exacte", a ajouté M. Ghani, dont le pays était sur la ligne de front de la guerre américaine "contre la terreur".
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Torture/CIA: le président afghan dénonce des "actes inhumains"
AFP / le 10 décembre 2014 à 17h20


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