Les salariés du secteur public se sont rassemblés mardi devant le ministère de l'Éducation à Beyrouth, pour protester contre le retard dans l'adoption de la grille des salaires.
« Trois ans n'ont pas suffit pour étudier et voter un projet de financement de la grille des salaires. Ils ne veulent pas voter la grille et nous accorder nos droits », a lancé Mahmoud Haïdar, président de la Ligue des fonctionnaires d’État, présent devant le ministère de l’Éducation. M. Haïdar a renouvelé les demandes des syndicats et fonctionnaires, notamment une augmentation des salaires, sans augmentation des heures de travail.
Ce énième rassemblement intervient alors que des députés ont commencé à arriver au parlement où est convoquée, aujourd'hui, une séance visant à étudier le projet de financement de la grille.
Le président du Comité de coordination syndicale (CCS) Hanna Gharib a, lui, menacé de paralyser les ministères et administrations publiques, ainsi que de boycotter les prochains examens officiels. « Nous ne reculerons pas », a-t-il averti. Le président du CCS a ensuite exhorté les politiciens à ne plus tarder à adopter la grille des salaires : « Nous leur donnons jusqu'au 7 juin pour voter la grille des salaires. Mettez-vous d'accord afin de voter une grille des salaires qui garantisse les droits et demandes de tous les secteurs sans exception ».
Les fonctionnaires et contractuels des administrations publiques ainsi que les enseignants du public et du privé sont engagés dans un bras de fer depuis des mois avec le Parlement pour que soit adoptée la nouvelle échelle des salaires.
La tenue effective de la séance convoquée aujourd'hui par M. Berry est incertaine. Lundi, le ministre du Travail et vice-président du parti Kataëb, Sejaan Azzi, a souligné que la Chambre est actuellement en collège électoral, du fait de la vacance de la présidence, et ne peut légiférer tant qu'un nouveau président n'est pas élu. Le bloc aouniste du Changement et de la Réforme a lui aussi annoncé hier qu'il boycotterait les réunions à caractère législatif du Parlement tant qu'il y a une vacance à la présidence de la République.
Depuis dimanche, le Liban est sans président, les députés ayant échoué, malgré cinq convocations, à élire un successeur à Michel Sleiman dont le mandat a pris fin samedi à minuit. Lundi, le président du Parlement, Nabih Berry, a convoqué la Chambre à une séance électorale le 9 juin.
Selon certains analystes, en situation de vacance de la présidence, le Parlement ne peut légiférer, la Chambre ne pouvant être convoquée que pour élire un président. "La tenue de la séance du 27 mai, à laquelle a déjà convoqué le chef du Législatif pour voter la grille des salaires, serait alors inconstitutionnelle", avait ainsi indiqué une source judiciaire à L'Orient-Le Jour.
Mais selon le constitutionnaliste Hassan Rifaï, la Chambre peut légiférer "tant que la session ordinaire est ouverte. Étant donné que celle-ci prend fin le 31 mai, après cette date toute activité législative du Parlement s'interrompt. Le Parlement pourra donc légiférer uniquement du 25 au 31 mai. Au cours de cette période, activités législatives et électorales s'effectueront en parallèle. Il ne pourra légiférer au-delà, que s'il est convoqué en session extraordinaire".
Lundi, le président du syndicat des enseignants des écoles privées, Nehmé Mahfouz, avait de nouveau averti que les examens officiels n'auront pas lieu si la grille des salaires n'était pas adoptée par la Chambre des députés. Il avait exprimé l'espoir "que tous les blocs parlementaires seront présents et qu'ils en finiront avec cette grille pour que nous puissions organiser les examens officiels". "Certains députés disent que la vacance à la présidence implique qu'ils ne peuvent légiférer que sur certains cas exceptionnels. Eh bien, nous leur disons que la grille des salaires est un cas exceptionnel", avait ajouté M. Mahfouz.
« Trois ans n'ont pas suffit pour étudier et voter un projet de financement de la grille des salaires. Ils ne veulent pas voter la grille et nous accorder nos droits », a lancé Mahmoud Haïdar, président de la Ligue des fonctionnaires d’État, présent devant le ministère de l’Éducation. M. Haïdar a renouvelé les demandes des syndicats et fonctionnaires, notamment une augmentation des salaires, sans augmentation des heures de travail.
Ce énième rassemblement intervient alors que des députés ont commencé à arriver au parlement où est convoquée, aujourd'hui, une séance visant à étudier le projet de financement de la grille.
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