"Marwan Charbel a signé le contrat de mariage civil de Nidal Darwich et Khouloud Soukkarieh, le premier couple libanais à célébrer une union civile" dans le pays, a indiqué l'agence nationale libanaise.
Relancé par ce couple mixte chiite et sunnite qui s'est symboliquement marié civilement en janvier 2013 et a demandé au ministère de l'Intérieur de reconnaître leur union, le débat sur le mariage civil a récemment gagné en ampleur au Liban, un pays considéré comme relativement libéral dans une région plutôt conservatrice mais où la religion occupe une place de premier plan.
Dans ce pays qui réunit 18 communautés religieuses, les mariages, divorces et questions d'héritage sont du ressort des autorités religieuses propres à chaque communauté. La loi libanaise n'autorise que les unions religieuses mais reconnaît les mariages civils contractés à l'étranger.
Quand les couples sont mixtes, l'un des deux époux se convertit à la religion de l'autre, ou les deux fiancés optent pour le mariage civil à l'étranger, souvent dans l'île de Chypre voisine.
Si plusieurs dignitaires religieux et des hommes politiques ont dénoncé cette première union civile, le président Michel Sleimane s'était, lui, prononcé en faveur du mariage civil depuis des mois.
"Félicitations à Khouloud et Nidal pour l'enregistrement de leur contrat de mariage", a écrit le chef d'Etat sur son compte Twitter.
Interrogé par la télévision privée LBC, M. Darwich a vu dans son mariage "la première victoire pour un Etat civil au Liban, l'Etat dont nous rêvons tous".
"Je suis très heureuse aujourd'hui et je n'ai jamais eu peur que mon mariage avec Nidal ne soit pas légal", a renchéri Mme Soukkarieh.
"C'est le premier pas historique du Liban" vers l'institutionnalisation du mariage civil, a ajouté la jeune femme, enceinte de quatre mois, selon LBC.
Dans le cadre de leur combat laïque, Khouloud et Nidal ont demandé, conformément à une loi datant de 2011, à supprimer de leur état-civil la mention de leurs confessions sunnite et chiite.
"Ils ont décidé de se présenter devant l'Etat libanais en tant que citoyen et non en tant que membre de telle ou telle confession", a déclaré leur avocat Talal al-Husseini.
"Avec ce précédent, il n'y a plus de retour en arrière possible. C'est un énorme succès et cela permet à d'autres de suivre", a-t-il ajouté.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine