"Les Patriot allemands, acheminés par voie maritime, sont arrivés ce matin à bord d'un bateau dans le port d'Iskenderun" (sud, province de Hatay), a rapporté à l'AFP une source de l'Otan s'exprimant sous couvert d'anonymat.
Un autre bâtiment transportant deux autres batteries de missiles Patriot, néerlandaises cette fois, est également arrivé au large d'Iskenderun et devrait décharger "probablement mardi matin" sa cargaison, a ajouté cette source.
Conformément à une décision de l'Otan, l'Allemagne, les Pays-Bas et les Etats-Unis ont prévu d'installer en Turquie deux unités de Patriot et jusqu'à 350 soldats chacun.
"Nous espérons que notre mission ne durera pas longtemps", a expliqué devant la presse à Iskenderun le colonel Marcus Ellerman, qui dirige l'opération allemande. "Si on nous demande de rester davantage, nous resterons", a-t-il ajouté.
La mission de l'Otan est programmée pour durer un an.
Un petit groupe de manifestants réuni devant l'entrée du port a protesté contre l'arrivée de ces armes en Turquie, a rapporté l'agence Anatolie.
Ces six batteries seront opérationnelles d'ici début février à Adana (Pays-Bas), Maras (Allemagne) et Gaziantep (Etats-Unis), un triangle situé dans le sud-est de la Turquie, frontalière de la Syrie en pleine guerre civile.
L'armée américaine a déjà envoyé début janvier des missiles, équipements et soldats dans le cadre de cette mission sur la base turque d'Incirlik (sud), qui accueille des éléments aériens de l'Otan.
Les missiles sol-air Patriot PAC-3 peuvent détruire en vol des missiles balistiques tactiques, des missiles de croisière ou des avions.
Ces armes ont déjà été déployées à deux reprises en Turquie en 1991, pendant la guerre du Golfe, puis en 2003 lors de la guerre contre l'Irak.
Ankara a une nouvelle fois sollicité leur déploiement auprès de l'Otan à la suite d'une série de tirs d'obus syriens dans des localités turques proches de la frontière fin 2012.
Les autorités turques comme celles de l'Alliance ont insisté à de nombreuses reprises sur le caractère purement défensif de ce déploiement, critiqué par le régime du président syrien Bachar al-Assad et la Russie.


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