Le nouveau président égyptien sera confronté à d’énormes défis politiques, sociaux et économiques

« Nous sommes sur la bonne voie », affirme l’ambassadeur égyptien au Liban

OLJ
25/06/2012
Rencontré lors d’un aparté en marge de la conférence, l’ambassadeur d’Égypte au Liban, Mohammad Tawfik, a fait part à L’Orient-Le Jour de ses impressions concernant la situation dans son pays.
« Je ne suis pas pessimiste », a déclaré l’ambassadeur. « Ce qui se passe en Égypte est tout à fait normal pour un processus démocratique naissant. La tension est due à la crainte de l’approche de l’échéance de la transition. Les gens ne savent pas encore à quoi s’attendre. Mais les peurs sont exagérées », dit-il. « Nous sommes sur la bonne voie démocratique, cela va arriver tôt ou tard, ça prendra du temps, mais nous sommes sur la bonne voie », insiste-t-il. L’armée, ajoute le diplomate, va rendre le pouvoir aux civils le 30 juin comme promis : « Le Conseil suprême des forces armées (CSFA) n’a aucun intérêt à s’accrocher au pouvoir. Il ne s’est pas arrogé des prérogatives. C’est la Constitution actuelle qui stipule qu’en cas de vacance parlementaire, le CSFA a le droit d’assumer le pouvoir législatif. La dissolution de l’Assemblée sur décision de la Cour constitutionnelle était justifiable étant donné le vice dans la loi électorale. Cette loi n’était pas constitutionnelle. Ce n’est pas la première fois que cela arrive en Égypte ; deux fois auparavant, au cours de l’ère Moubarak, l’Assemblée a été dissoute pour les mêmes raisons. » Quant au report de l’annonce des résultats de la présidentielle, que beaucoup interprètent comme une tentative de réinstaurer l’ancien régime ou comme une tentative de l’armée d’accaparer le pouvoir, M. Tawfik précise que la commission électorale doit examiner quelque 400 recours déposés. « Cela prend du temps pour étudier autant de dossiers », dit-il. Pour lui, il n’y a pas un candidat meilleur que l’autre : Ahmad Chafiq et Mohammad Morsi représentent des courants politique et religieux, d’où leur succès à arriver en finale du scrutin. D’autres candidats, à l’instar de Amr Moussa et Hamdeen Sabbahi, étaient plus charismatiques et plus expérimentés, mais ne disposaient pas de soutien populaire massif ou d’appareil partisan pour les porter. Et, interrogé sur les craintes d’une islamisation de la société égyptienne en cas de victoire de M. Morsi, l’ambassadeur Tawfik a répliqué : « Je n’en vois pas l’intérêt. »

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