Rechercher
Rechercher

Dernières Infos

Syrie: l'opposition divisée, obstacle à un soutien diplomatique et militaire

Un an après le début de la révolte en Syrie, l'opposition peine à former un front uni contre le régime de Bachar al-Assad, suscitant des réticences au sein de la communauté internationale à lui fournir un réel soutien diplomatique voire à lui livrer des armes.

En Syrie, où une année de contestation populaire n'est pas parvenue à renverser le régime, l'opposition s'est militarisée, un tournant qui nécessite d'autant plus une direction unifiée, pour les experts.

"L'opposition, fragmentée, doit pouvoir coordonner des attaques à travers le pays, il va lui falloir se doter d'un leadership national, ce qu'elle n'a pas pour le moment", estime Joshua Landis, directeur du centre d'études sur le Moyen-Orient de l'Université de l'Oklahoma.

"S'ils coopèrent entre eux, le régime est condamné, mais s'ils ne le font pas, le régime a vraiment une chance", poursuit-il.

"La révolution compte sur les Syriens pour unir leurs efforts et ne faire qu'un. Si l'opposition n'y parvient pas, alors elle n'est pas meilleure que le clan Assad", ajoute-t-il.

Le Conseil national syrien (CNS), créé en août, est la plus large coalition hostile au régime, regroupant islamistes, notamment les Frères musulmans, libéraux et nationalistes.

Mais le CNS souffre de sa difficulté à adopter une stratégie claire et une structure efficace.

La démission mi-mars de trois figures de l'opposition, dont Kamal al-Labwani, a révélé au grand jour les tensions internes.

M. Labwani s'en est violemment pris au CNS, estimant ne plus vouloir être "complice du massacre du peuple syrien à travers les atermoiements, la tricherie, les mensonges, la surenchère et la monopolisation des décisions" notamment par son chef, Burhan Ghalioun. Il a réclamé notamment que le "Conseil joue un véritable rôle dans l'organisation de l'insurrection armée".

Vendredi, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a appelé l'opposition à cesser de se "déchirer".

"Nous faisons tout pour essayer de les rassembler autour du CNS, et les convaincre d'être plus inclusifs, d'accueillir des Alaouites, des chrétiens. Ils n'y parviennent pas assez", a-t-il ajouté.

En raison notamment des divisions au sein de l'opposition, la communauté internationale est réticente à fournir des armes à l'Armée syrienne libre (ASL, rebelle).

L'opposition demande de façon de plus en plus pressante une intervention étrangère, tandis que plusieurs pays arabes, notamment du Golfe, se sont dits à plusieurs reprises en faveur de livraisons d'armes aux opposants.

"Washington et ses alliés tentent de comprendre qui sont ces gens (l'opposition) (...) personne ne sait exactement à qui iraient les armes. Ils ne veulent pas donner leur argent sans savoir", explique M. Landis.

Alia Mansour, membre du CNS, estime que "l'exigence de la communauté internationale d'une opposition unie est un prétexte pour ne pas agir".

Elle admet cependant "des lenteurs dans le travail du CNS". "Pendant de nombreuses années, l'opposition était interdite de vie politique. Il est normal que tout ne soit pas parfait", justifie-t-elle. "Mais nous sommes unis autour d'un objectif: la chute du régime".

Salman Shaikh, directeur du Brookings Center à Doha, estime lui qu'"on exagère souvent la division de l'opposition. Certes, son leadership est faible (...) mais le plus important est que (les opposants) se mettent d'accord sur une plate-forme pour le changement. Sur ce point, ils ont fait des progrès".

La communauté internationale, à cause du blocage de Moscou et Pékin qui rejettent toute condamnation de Damas, "n'est pas parvenue à un consensus sur la question syrienne comme c'était le cas pour l'intervention en Libye", lors de la révolte qui a renversé Mouammar Kadhafi l'an dernier, explique M. Shaikh.

"En Libye, les Etats-Unis étaient impliqués, alors que dans le cas syrien, ils restent en retrait. Cela va devoir changer", conclut-il.
Un an après le début de la révolte en Syrie, l'opposition peine à former un front uni contre le régime de Bachar al-Assad, suscitant des réticences au sein de la communauté internationale à lui fournir un réel soutien diplomatique voire à lui livrer des armes.En Syrie, où une année de contestation populaire n'est pas parvenue à renverser le régime, l'opposition s'est militarisée, un tournant qui nécessite d'autant plus une direction unifiée, pour les experts."L'opposition, fragmentée, doit pouvoir coordonner des attaques à travers le pays, il va lui falloir se doter d'un leadership national, ce qu'elle n'a pas pour le moment", estime Joshua Landis, directeur du centre d'études sur le Moyen-Orient de l'Université de l'Oklahoma."S'ils coopèrent entre eux, le régime est condamné, mais s'ils ne le font pas, le régime...