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L'opposition syrienne doit cesser de "se déchirer (Juppé)

L'opposition syrienne au président Bachar al-Assad doit cesser de se "déchirer" et de "s'opposer les uns aux autres", a estimé le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé dans une interview au journal Le Monde publié vendredi.

"Il y a des opposants dont l'attitude affaiblit gravement l'opposition - tant qu'ils continueront à se déchirer et à s'opposer les uns aux autres, l'intérieur et l'extérieur", a déclaré M. Juppé.

"Nous faisons tout pour essayer de les rassembler autour du Conseil national syrien (CNS), et les convaincre d'être plus inclusifs, d'accueillir des alaouites, des chrétiens. Ils n'y parviennent pas assez", a ajouté le ministre français en référence aux dissensions à l'intérieur du CNS, la principale instance de représentation de l'opposition, mais aussi entre le CNS et d'autres groupes d'opposants de l'intérieur en Syrie.

Créé en août 2011 à Istanbul, le CNS apparaît comme le plus large et le plus représentatif des groupes hostiles au régime. Composé de plus de 300 membres, dont près d'une centaine vivent en Syrie, il est une coalition des plus importants partis de l'opposition partagée entre islamistes, libéraux et nationalistes.

Mais trois personnalités du CNS, Haitham al-Maleh, Kamal al-Labwani et Catherine al-Telli, en ont démissionné cette semaine pour "divergences avec le Conseil". M. Labwani s'en est violemment pris aux membres du CNS "complices du massacre du peuple syrien à travers les atermoiements, la tricherie, les mensonges, la surenchère et la monopolisation des décisions".

Il a accusé Burhan Ghalioun, président du CNS, de "s'accrocher à sa chaise comme Bachar al-Assad" et d'adopter un comportement "antidémocratique" sans "élections ou transfert du pouvoir".

M. Ghalioun a déclaré jeudi soir à l'AFP que les démissionnaires "sont des personnalités indépendantes qui n'ont pas trouvé leur place". "Peut-être qu'ils pensent à la mesure de leurs ambitions mais ça ne change rien à la composition du Conseil national syrien", a-t-il estimé.

Le CNS est critiqué pour ne pas assez coordonner son action avec les militants sur le terrain, pour avoir tardé à se prononcer en faveur d'un armement des rebelles qui combattent les forces du régime depuis des mois et pour la grande influence des Frères musulmans en son sein.

Le ministre français des Affaires étrangères s'est également dit "navré de voir que la hiérarchie chrétienne, catholique ou orthodoxe, continue à lier son sort à Bachar al-Assad". "Nous comprenons les craintes des chrétiens, mais leur avenir sera meilleur dans une Syrie démocratique", a-t-il affirmé.

Il a enfin admis que les Occidentaux avaient "mal mesuré la férocité de ce régime, et de la personnalité même d'Assad". "On pensait qu'il y aurait davantage de défections et plus rapides", a dit M. Juppé.
L'opposition syrienne au président Bachar al-Assad doit cesser de se "déchirer" et de "s'opposer les uns aux autres", a estimé le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé dans une interview au journal Le Monde publié vendredi."Il y a des opposants dont l'attitude affaiblit gravement l'opposition - tant qu'ils continueront à se déchirer et à s'opposer les uns aux autres, l'intérieur et l'extérieur", a déclaré M. Juppé."Nous faisons tout pour essayer de les rassembler autour du Conseil national syrien (CNS), et les convaincre d'être plus inclusifs, d'accueillir des alaouites, des chrétiens. Ils n'y parviennent pas assez", a ajouté le ministre français en référence aux dissensions à l'intérieur du CNS, la principale instance de représentation de l'opposition, mais aussi entre le CNS et d'autres groupes...