"La Russie et la Chine ont voté contre le projet de résolution proposé en octobre par nos collègues occidentaux, qui contenait un schéma inacceptable de règlement. Le projet actuel occidental n'est pas loin de la version d'octobre et, bien sûr, nous ne pouvons pas le soutenir", a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Guennadi Gatilov, à l'agence Interfax.
"Ce document n'est pas équilibré (...) et laisse la porte ouverte à une ingérence dans les affaires syriennes", a-t-il indiqué.
"Cela ne fait pas partie de notre pratique politique de négocier sur les questions de principe", a souligné le vice-ministre, commentant des informations de médias occidentaux selon lesquels la Russie pourrait s'abstenir lors du vote à l'ONU, si ses demandes d'amender ce projet de résolution étaient prises en compte.
La Russie avait déjà qualifié la semaine dernière d'"inacceptable" le nouveau projet de résolution de l'ONU sur la Syrie, soulignant qu'il ne tenait toujours pas compte de la position de Moscou, opposée à tout usage de la force à l'encontre de Damas.
Le projet de résolution, sur lequel la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne travaillent avec les pays arabes, appelle à suivre l'exemple de la Ligue arabe en imposant des sanctions au régime syrien, et prévoit un transfert du pouvoir du président Bachar Al-Assad à son vice-président suivi d'élections.
Le texte, qui doit être examiné mardi au Conseil de sécurité de l'ONU, contient notamment des "appels adressés aux pays membres à cesser les livraisons d'armes en Syrie", selon M. Gatilov.
"En même temps, on ne fait aucune distinction claire entre la contrebande pratiquée par certains pays pour soutenir les forces extrémistes en Syrie et les liens légaux de coopération militaire et technique avec ce pays", a-t-il indiqué.
La Russie, allié traditionnel de la Syrie à laquelle elle fournit des armes, a réitéré à plusieurs reprises qu'elle serait opposée à l'usage de la force et à toute résolution de l'ONU qui soutiendrait des sanctions unilatérales prises contre Damas.
Elle a présenté son propre projet, qui condamne l'usage de la force à la fois par le régime de Bachar al-Assad et l'opposition syrienne.
Moscou et Pékin avaient déjà mis leur veto en octobre dernier à une précédente résolution dénonçant la répression sanglante de la révolte populaire en Syrie, qui a fait au moins 5.400 morts depuis mars 2011, selon l'ONU.


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