"On espère qu'ils annoncent l'échec de cette initiative", a-t-il affirmé dans un entretien téléphonique avec l'AFP.
Le colonel faisait référence au Comité ministériel arabe qui se réunit dimanche pour entendre le rapport du chef de la mission des observateurs, de plus en plus décriée par l'opposition, le régime ayant poursuivi sa répression sanglante malgré leur présence sur le terrain.
"Nous souhaitons que la Ligue arabe se désiste et permette aux Nations unies d'assumer la responsabilité car l'ONU est la plus habilitée à trouver des solutions", a ajouté le colonel Assaad, basé en Turquie.
"Nous, et tout le peuple syrien, sommes pour le transfert du dossier à l'ONU car les Arabes ne sont pas capables de prendre aucune réelle décision concernant la Syrie", a-t-il dit, en relevant qu'"aucune clause de l'initiative arabe n'a été appliquée" par le régime du président Bachar al-Assad.
Le militaire rebelle a affirmé être à la tête de 40.000 déserteurs qui mènent régulièrement des attaques contre des positions des forces de l'ordre.
"Un groupe d'observateurs arabes a rencontré des officiers de l'ASL" à Homs dans le centre de la Syrie, a-t-il en outre déclaré. "Ils leur ont communiqué les noms des détenus et leur ont fait état des conditions de vie des Syriens et des pressions du régime".
Des militants ont diffusé sur YouTube une courte vidéo de la rencontre à Homs entre des observateurs arabes et des membres de l'ASL.
D'après le colonel Assaad, "les autorités syriennes induisent en erreur les observateurs".
"Ils peignent en bleu les véhicules militaires sur lesquels ils écrivent +police antiterroriste+ pour faire croire que les éléments (armés) dans les rues sont des policiers et non des militaires", explique le colonel.
De même, les cartes d'identité militaires sont retirées et remplacées par des cartes de membres des services de sécurité. Dans une vidéo postée sur YouTube, des soldats déserteurs présumés montrent des cartes de police qui selon eux ont remplacé les cartes militaires.
"Il y a plus d'un sniper sur les toits. Quand les observateurs les repèrent, on leur dit que ce sont des membres de bandes armées".
Selon lui, des détenus sont transférés des prisons vers des casernes militaires où, en vertu du protocole arabe, les observateurs n'ont pas le droit d'entrer.
"Ils ont également mis des chabbiha (milice civile du régime) dans des prisons pour qu'ils disent aux observateurs qu'ils n'ont jamais été torturés ou insultés", souligne le colonel.
"Depuis 10 mois, les massacres augmentent jour après jour et depuis l'entrée des observateurs, le nombre de martyrs a augmenté", a-t-il encore souligné.
Après plus de neuf mois de répression sanglante, une première délégation composée de cinquante observateurs arabes et dirigée par le général soudanais Mohammed Ahmed Moustapha al-Dabi est arrivée le 26 décembre en Syrie, dans le cadre d'un plan de sortie de crise de la Ligue arabe, signé par Damas.
Ce plan prévoit la fin des violences, le retrait de l'armée des villes et la libération des manifestants arrêtés.
Les observateurs se sont rendus dans plusieurs villes --notamment des foyers de la contestation-- du pays, où la répression a fait, selon une estimation de l'ONU, plus de 5.000 morts.
La controverse suscitée par la mission des observateurs incite certains pays à vouloir revenir devant le Conseil de sécurité de l'ONU pour mettre fin à la répression.


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