Rajaa Charafeddine, la fille de Chebli al-Ayssami, l’opposant syrien qui aurait été enlevé dans la région de Aley (Liban) il y a plus de cinq mois, a appelé le Hezbollah à intervenir auprès du régime syrien pour la libération de son père. "Le régime (de Bachar el-Assad) doit éviter de transformer son erreur en péché et doit donc libérer immédiatement mon père", a déclaré Mme Charafeddine au journal panarabe al-Charq al-Awsat, dans une entrevue parue aujourd’hui. Elle a également affirmé n’avoir reçu aucune réponse de la part des autorités syriennes concernant cette affaire. "Nous avons essayé par tous les moyens possibles de contacter les responsables syriens, a-t-elle ajouté. Au Liban, toutes les parties libanaises ont exprimé leur solidarité avec nous, surtout le chef du PSP Walid Joumblatt et le député Akram Chehayeb". Mme Charafeddine a par ailleurs affirmé qu’il "est du devoir du gouvernement libanais d’identifier et d’arrêter les personnes responsables" de la disparition de M. Ayssami, opposant historique de 86 ans, tout en se disant certaine que son père a été remis aux autorités syriennes.
Arrivé le 19 mai des États-Unis pour rendre visite à sa fille comme chaque été à Aley, à l'est de Beyrouth, Chebli al-Ayssami a disparu cinq jours plus tard. M. al-Ayssami est le cofondateur du parti Baas en Syrie, mais a fuit son pays en 1966 en raison de divergences politiques avec le parti au pouvoir.
Au moins 13 opposants syriens ont disparu alors qu’ils se trouvaient au Liban, affirment de nombreuses organisations de droits de l'homme arabes et internationales.
Le journal libanais an-Nahar rapporte dans son édition d'aujourd'hui jeudi que le président Michel Sleiman a demandé aux responsables sécuritaires de lui fournir un "rapport détaillé" sur le dossier des ressortissants syriens disparus au Liban. M. Sleiman aurait également appelé les forces de l’ordre à "redoubler d’efforts pour préserver la stabilité" du pays.
Selon les autorités, près de 5.000 Syriens, dont des opposants et des soldats insoumis, se sont réfugiés au Liban depuis la mi-mars, date du début de la contestation contre le régime syrien qui a fait, selon l'ONU, plus de 3.500 morts.


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