"Alors que l'attention se concentre sur le soulèvement, nous craignons de voir les besoins des gens ordinaires oubliés au milieu des disputes politiques", a déclaré le directeur par intérim d'Oxfam au Yémen Aziz Athwari.
Il a précisé, dans une déclaration à l'AFP, qu'avant le début de la contestation, sept millions de Yéménites souffraient de malnutrition et que la "situation s'est davantage détériorée" depuis.
"La nourriture est chère et rare", a-t-il souligné.
Le Yémen, l'un des pays arabes les plus pauvres, est le théâtre depuis fin janvier d'un mouvement demandant le départ du président Ali Abdallah Saleh qui est réprimé par les forces fidèles au régime à travers le pays.
Le mouvement a provoqué des pénuries de courant, de vivres, d'eau et de carburant et certains accusent la Garde républicaine, commandée par le fils du président Ali Abdallah Saleh, Ahmed, d'empêcher l'approvisionnement de Sanaa en divers produits.
"Les gens réduisent leur consommation d'eau parce qu'elle est chère. Avant les 1.500 litres coûtaient 5 dollars alors qu'ils coûtent maintenant 20 dollars quand on peut l'avoir, une somme que ces gens n'ont pas", a dit M. Athwari.
Il a estimé que les pays donateurs devaient venir immédiatement à l'aide du Yémen et assurer l'accès des agences humanitaires à la population qui est dans le besoin.
"Les donateurs n'ont pas honoré au fil du temps leurs engagements financiers envers le Yémen. Il y a peu d'argent et il est temps d'agir", a-t-il ajouté.
M. Athwari a également souhaité voir la communauté internationale encourager toutes les parties yéménites à faciliter le travail des humanitaires.


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