Dans la capitale, environ 400 personnes se sont regroupées place Tahrir, épicentre de la contestation en début d'année, scandant des slogans contre l'équipe du Premier ministre Nouri al-Maliki et demandant une amélioration des services publics.
Cette manifestation a cependant été éclipsée par un autre rassemblement d'environ 3.000 personnes exigeant l'exécution d'une vingtaine d'insurgés présumés arrêtés pour massacre commis lors d'un mariage en 2006 au nord de Bagdad.
Un important dispositif de sécurité encadrait la place du centre de Bagdad, qui était fermée à la circulation. Des centaines de manifestants étaient également rassemblés à Hilla et Nassiriya (sud), ainsi qu'à Kirkouk (nord).
"Nos coeurs sont plus forts que le gouvernement", assurait une banderole place Tahrir. "Le gouvernement doit améliorer les services de base", proclamait une autre banderole brandie par trois femmes arborant les couleurs du drapeau irakien.
"Je manifeste contre tout car tout va mal", a déclaré Mohamed Jassim, un chômeur de 28 ans.
Pour Ahmed al-Saadi, les 100 jours étaient "un mensonge". "Les hommes politiques sont devenus des marchands travaillant pour le compte de leur ethnie et de leur confession", a dénoncé cet homme d'affaires de 30 ans.
Ce rassemblement s'est achevé quand une dizaine de participants à la manifestation réclamant la peine de mort pour les auteurs présumés du massacre du mariage ont chargé les manifestants anti-gouvernementaux, provoquant leur départ.
Des sources officielles à Kerbala, au sud de Bagdad, ont affirmé que la province avait affrété des bus pour acheminer des centaines de personnes à cette autre manifestation.
"Toutes ces personnes ont été payées par Maliki pour venir faire une contre-manifestation", a accusé Ahmed al-Saadi.
Les rassemblements anti-gouvernementaux se sont tenus en particulier à l'initiative d'un groupe sur Facebook intitulé "La grande révolution irakienne", qui compte 36.000 membres.
Le 27 février, face à la contestation sociale, M. Maliki avait accordé 100 jours à ses ministres pour prouver leur efficacité, en affirmant que des "changements" auraient lieu en fonction des échecs et des réussites de chacun.
Il est revenu lundi soir sur ces menaces, laissant entendre qu'aucun ministre ne serait sanctionné et que le sens de cette initiative avait été mal compris.
Si nombre de projets à court terme ont été lancés pour tenter d'améliorer le quotidien d'une population exaspérée, plusieurs experts estiment qu'aucun des problèmes de fond auxquels l'Irak est confronté n'a été réglé au cours de ces trois mois.


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