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Syrie: Paris veut qu'Assad soit visé par les sanctions de l'UE (Juppé)

La France a demandé mardi que le président syrien Bachar al-Assad fasse partie des personnes visées par les sanctions européennes en préparation contre le régime de Damas, mais la question divise les pays de l'UE dont certains prônent un approche plus prudente.
"La France le souhaite", a déclaré à la presse le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, interrogé sur l'inclusion du président syrien sur la liste des personnes qui seraient visées par ces sanctions en réponse à la répression sanglante des manifestations dans le pays.
"Un gouvernement qui tue ses citoyens parce que ses citoyens veulent s'exprimer et instaurer une vraie démocratie perd sa légitimité", a-t-il estimé.
"L'utilisation de la violence maximum - des chars, des armes lourdes contre la population syrienne - appelle de notre part le même jugement que celui que nous avons porté sur l'attitude de Kadhafi", a ajouté le ministre.
Les ambassadeurs à Bruxelles des 27 Etats membres de l'UE ont chargé vendredi leurs experts de plancher sur l'élaboration de ces sanctions.
Outre un embargo sur les armes, il pourrait s'agir de gels d'avoirs et d'interdictions de visa à l'encontre des responsables de la répression. Une liste des personnes visées doit encore être établie.
De premières discussions entre experts ont eu lieu lundi et mardi à Bruxelles. Si le principe d'un embargo sur les ventes d'armes fait l'unanimité, selon des diplomates, il n'en va pas de même pour les autres sanctions visant des responsables du régime syrien.
"Tous les Etats membres de l'Union européenne n'ont pas la même vision. Certains veulent agir vite et fort, d'autres veulent agir plus progressivement sans s'en prendre tout de suite à Bachar al-Assad", souligne l'un des diplomates européens.
"Soit on fait des compromis et on aura une liste rapidement, soit on a une liste plus complète mais cela prendra plus de temps", ajoute-t-il.
Parmi les pays réticents sur les sanctions figurent Chypre, la Grèce, le Portugal ou encore l'Estonie, qui craint des répercussions pour ses sept touristes enlevés au Liban.
"Nous essayons d'agir par le biais de l'UE", a expliqué Alain Juppé en soulignant que les Européens étaient "dans l'incapacité d'aboutir" à l'adoption d'une déclaration du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la répression.
Il y a "un risque de veto russe et chinois" et la majorité nécessaire à l'adoption d'un texte n'est pas réunie, a-t-il admis.
Les Etats-Unis ont déjà annoncé vendredi des sanctions économiques contre le frère cadet du président syrien, Maher al-Assad, un haut responsable de l'armée syrienne, Ali Mamlouk, chef des services de renseignement et Atef Najib, présenté comme l'ancien chef du renseignement pour la province de Deraa (sud).
Mais le groupe de réflexion International Crisis Group (ICG) s'est montré sceptique mardi.
"Les intervenants extérieurs ont peu de moyens d'influer, surtout à un moment où le régime craint pour sa survie. Il a survécu dans le passé à des périodes d'isolement international et a probablement le sentiment qu'il peut affronter la tempête à nouveau", a souligné le groupe dans un communiqué.
"Les sanctions annoncées visant des responsables impliqués dans la répression ont peu de chances d'avoir le moindre effet", juge-t-il, et des sanctions de plus grande ampleur risqueraient de donner du grain à moudre au régime qui dénonce un complot.
Depuis le début de la contestation mi-mars en Syrie, 607 personnes ont été tuées, dont 451 à Deraa et dans les villages environnants, et 2.130 arrêtées, selon l'organisation des droits de l'Homme Insan.
La France a demandé mardi que le président syrien Bachar al-Assad fasse partie des personnes visées par les sanctions européennes en préparation contre le régime de Damas, mais la question divise les pays de l'UE dont certains prônent un approche plus prudente."La France le souhaite", a déclaré à la presse le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, interrogé sur l'inclusion du président syrien sur la liste des personnes qui seraient visées par ces sanctions en réponse à la répression sanglante des manifestations dans le pays."Un gouvernement qui tue ses citoyens parce que ses citoyens veulent s'exprimer et instaurer une vraie démocratie perd sa légitimité", a-t-il estimé."L'utilisation de la violence maximum - des chars, des armes lourdes contre la population syrienne - appelle de notre...