La commission américaine sur la liberté religieuse internationale, un organe gouvernemental indépendant, prône l'inscription de l'Egypte sur cette liste dans le cadre de la publication de son rapport annuel sur la liberté religieuse dans le monde, qui épingle également la Chine, l'Iran, le Pakistan, l'Arabie Saoudite et le Vietnam.
Le placement sur la liste noire peut entraîner des sanctions économiques, mais il doit être décidé par le département d'Etat, la commission ne disposant que d'un pouvoir de recommandation non contraignant.
L'administration américaine n'y a inscrit aucun pays depuis l'entrée en fonctions du président Barack Obama en 2009.
De "graves violations de la liberté religieuse" ont été enregistrées en Egypte avant et après les manifestations qui ont entraîné la chute du régime du président Hosni Moubarak, a affirmé Leonard Leo, président de la commission.
"Tout n'a pas changé en Egypte. La violence contre les chrétiens coptes et d'autres minorités religieuses continue sans que le gouvernement ne traduise devant la justice leurs auteurs", a-t-il ajouté.
Les Coptes représentent de 6 à 10% de la population du pays. Ils disent être victimes de discrimination et de harcèlement. Leur communauté a été visée dans la nuit du Nouvel an par un attentat devant une église d'Alexandrie (nord), qui a fait 23 morts.
La liste noire du département d'Etat comprend actuellement huit pays: la Chine, Erythrée, l'Iran, la Birmanie, la Corée du Nord, l'Arabie saoudite, le Soudan, l'Ouzbékistan.
Outre l'Egypte, la commission demande au département d'Etat d'y ajouter, comme dans son précédent rapport, l'Irak, le Nigeria, le Pakistan, le Turkménistan et le Vietnam.
Concernant la Chine, la commission accuse les autorités d'avoir gravement atteint à la liberté religieuse des bouddhistes tibétains et des musulmans ouïghours, et d'avoir accentué leurs efforts pour discréditer et emprisonner des chefs religieux.
Des adepte du Falungong, mouvement spirituel qualifié de secte par Pékin et interdit en 1999, ont été "torturés et maltraités", affirme la commission.
La situation se détériore également en Iran, note-t-elle, en particulier pour la minorité religieuse bahaïe, considérée par le pouvoir comme un foyer d'hérétiques et d'opposants.
La liberté religieuse progresse en revanche en Arabie saoudite, salue la commission, qui déplore toutefois des "des violations flagrantes, systématiques et persistantes" des droits de ceux n'adhérant pas à l'interprétation de l'islam sunnite prônée par le royaume.
La commission américaine exprime également de vives préoccupations sur le Pakistan, soulignant que les assassinats de Salman Taseer et de Shahbaz Bhatti, deux responsables qui prônaient la tolérance entre les religions, avaient nourri "un climat d'extrémisme violent" à l'égard des minorités.


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