Le chef du gouvernement britannique, qui se rendait au Pakistan pour la première fois depuis sa prise de fonction en mai 2010, a atterri à l'aube sur la base militaire de Chaklala, dans la banlieue de la capitale.
David Cameron va s'efforcer d'aplanir les tensions suscitées par ses propos en Inde en juillet, d'après un extrait du discours qu'il doit prononcer devant des étudiants à Islamabad.
"Que cette journée soit l'occasion d'un nouveau départ dans les relations entre nos deux pays", devait faire valoir M. Cameron. "Dissipons les malentendus du passé (...) et regardons ensemble vers le futur".
Au cours de sa visite en Inde en juillet, le Premier ministre avait déclaré que le Pakistan ne pouvait "jouer sur deux tableaux" en travaillant officiellement à la paix dans la région, tout en "exportant" le terrorisme.
Des officiels britanniques avaient ensuite assuré que cette remarque ne s'adressait pas aux autorités pakistanaises, mais celles-ci avaient convoqué l'ambassadeur britannique pour des explications.
La République Islamique du Pakistan est la seule puissance militaire nucléaire du monde musulman et rivale de toujours de l'Inde, avec laquelle elle a livré trois guerre depuis la création concomitante des deux pays en 1947, à l'issue d'une accession précipitée et sanglante à l'indépendance de l'ancien empire britannique des Indes.
Islamabad et Delhi viennent de reprendre timidement un dialogue de paix entamé en 2004 et rompu par l'Inde après les attaques de Bombay par un commando d'extrémistes musulmans pakistanais à Bombay, qui avaient fait 166 morts en novembre 2008. Delhi a toujours accusé une frange des puissants services de renseignements pakistanais d'avoir fomenté ces attentats.
Mais le Pakistan, dont les zones tribales du nord-ouest sont le principal sanctuaire d'Al-Qaïda dans le monde depuis l'intervention des forces internationales dans l'Afghanistan voisin, paye aujourd'hui l'un des plus lourds tributs à la "guerre contre le terrorisme" de Washington depuis qu'il a annoncé son soutien aux Etats-Unis dès fin 2001.
En effet, depuis l'été 2007, à l'unisson d'Oussama ben Laden en personne, les talibans pakistanais alliés à Al-Qaïda ont déclaré le "jihad" à Islamabad et mènent dans tout le pays une campagne extrêmement meurtrière d'attentats, suicide pour l'essentiel. Plus de 4.200 Pakistanais ont ainsi été tués dans plus de 450 attentats en trois ans et demi.
"Nous voulons une relation forte avec un Pakistan sûr, prospère et ouvert", devait réaffirmer mardi M. Cameron, qui a prévu de rencontrer le chef de l'Etat, ainsi que son homologue Yousuf Raza Gilani, lors de sa visite d'une journée.
Celle-ci intervient alors que l'insurrection des talibans s'intensifie et se fait de plus en plus meurtrière en Afghanistan, où quelque 9.500 soldats britanniques combattent sous la bannière de l'Otan. Or les zones tribales du nord-ouest du Pakistan constituent une base arrière importante des insurgés afghans.


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